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«Il est possible de sortir de l’impasse»

Par Farid Bourennani

Economiste, banquier d’affaires,  expert en ingénierie financière
Au moment où la scène politique nationale et l’ensemble de l’expertise en économie dénoncent le recours par l’Etat au financement non conventionnel, il serait bon de rappeler que l’Etat n’avait pas attendu le projet d’autorisation de modification de la loi sur la monnaie et le crédit pour créer de la monnaie par l’entremise de la Banque d’Algerie, que le Trésor a commencé à éponger les déficits budgétaires par le recours au Fonds de régulation des recettes (FRR) dès 2009, que le glissement continu de la valeur du dinar a permis de gonfler les recettes de la fiscalité pétrolière et les taxes sur les importations sont entrepris depuis plusieurs années avec un rythme encore plus soutenu ces derniers mois.

Toutes ces actions ne suffisent plus ; or, c’est dès 2009 que l’on aurait dû faire preuve de rigueur budgétaire à la fois dans la rationalisation et l’efficience des dépenses de fonctionnement et d’investissement et dans l’amorçage de diversification des recettes autres que les hydrocarbures.
Les gouvernements successifs se sont laissés griser par l’embellie des cours pétroliers et par la facilité du laxisme budgétaire. Lorsque les marchés se sont retournés à la baisse, les gouvernements successifs se sont enfermés collégialement dans un déni des nouvelles réalités et se répétaient à loisir, relayés par des experts de complaisance, que la crise est conjoncturelle, tout au plus 12 à 18 mois. L’heure du réveil a sonné, le temps des réformes en douceur est passé, faisant place à une gestion d’urgence.

Le financement conventionnel dans le reste du monde

Il ne faut pas confondre ni banaliser ce que l’Algérie entreprend avec les politiques d’assouplissement quantitatif, telles que celles qui ont été mises en œuvre aux Etats-Unis, au Japon, dans la zone euro ou en Angleterre. En effet, dans leurs cas, la Banque centrale achète des titres représentatifs de la dette publique afin de faire baisser ou de contenir les taux d’intérêts et donc de permettre au Trésor d’emprunter dans de meilleures conditions sur les marchés financiers. Elle ne finance donc pas l’intégralité du déficit budgétaire, forçant ainsi le gouvernement à recourir aux marchés financiers pour couvrir le solde de ses besoins. La rigueur dans la gestion budgétaire demeure de mise et l’obligation de poursuivre les réformes aussi sous peine d’être sanctionné par les marchés. Les Etats doivent continuer d’entretenir la confiance des investisseurs.

Il ne faudrait pas omettre de mettre en avant le rôle majeur de la Banque d’Algerie dans la régulation des liquidités des banques commerciales par sa politique et sa capacité de refinancement et la fixation des taux directeurs. Les banques commerciales sont les moteurs de l’économie en finançant les entreprises. Ces dernières années, nous avons connu nombre de décisions malheureuses ayant occasionné un assèchement des liquidités de l’ordre de 8000 milliards de dinars (soit au cours de l’époque quelque 100 milliards de dollars). Je cite quelques exemples non exhaustifs :

– remboursement de la dette au lieu d’un reprofilage avec de meilleures conditions ;
– taxation en 2006 des superprofits avec, à tort, un effet rétroactif, ce qui a conduit à indemniser Anadarko de 4,4 milliards de dollars et l’extension de la date d’échéance du contrat de 25 ans. Maersk a été indemnisé de 909 millions de dollars. Total a trouvé un arrangement prolongeant la durée de ses concessions en exploration de 25 ans ;
– rachat de la participation de 49% de Kellog Brown and Root, filiale de Halliburton dans BRC Spa pour ensuite être dissoute ;
– dissolution du Groupe Khalifa au lieu de la nationalisation pour preserver les actifs et les fonds de commerce ;
– financement sur fonds propres du Trésor de grandes infrastructures éligibles aux financements de projets BOT ;
– acquisition hasardeuse de 51% de Djezzy ;
– obligation du 51/49 généralisée pour toutes les entreprises étrangères sans ciblage de secteurs ;
– instauration de l’obligation du crédit documentaire pour toutes les importations qui a induit des surcoûts au profit des intermédiaires financiers et en moyenne un renchérissement des produits unitaires importés. Avec un surcoût moyen additionnel de 10%. Ainsi, avec une valeur cumulée des importations sur la période 2009-2015 estimée à 250 milliards de dollars. Le gaspillage s’est situé autour de 25 milliards de dollars.

En 2015 et 2016, la Banque d’Algerie a procédé à des avances respectivement de 276 et 280 milliards de dinars. Soit une création monétaire de 556 milliards de dinars (environ 5 milliards de dollars)

Toujours pour 2015 et 2016, la Banque d’Algerie a procédé à des avances sur dividendes de 610 et 919 milliards de dinars. Soit un total de 1529 milliards de dinars (environ 15 milliards de dollars).

Au total, la Banque d’Algérie a soutenu le Trésor avec 2085 milliards de dinars en deux ans (près de 20 milliards de dollars).
Si on ajoute à cela le fruit de l’emprunt obligataire de 580 milliards de dinars (5 milliards de dollars), un prêt de la Banque africaine de développement (BAD) de 105 milliards de dinars (1 milliard de dollars) et l’utilisation du stock minimum du FFR de 760 milliards (7,5 milliards de dollars).

Ainsi, sans tirer la moindre sonnette d’alarme ni modifier et rationaliser la structure de ses dépenses, le gouvernement a utilisé des ressources extérieures de 3470 milliards de dinars (33 milliards de dollars).
La Banque d’Algérie ayant atteint les limites extrêmes de soutien que lui permettait la loi, elle contraint le gouvernement à formaliser par un amendement de loi le recours systématique à la Banque d’Algerie sans plafonnement de montant.

La Banque d’Algérie perd ainsi son indépendance et l’une de ses raisons d’être qu’est la protection de l’économie contre des surchauffes inflationnistes et la protection de la valeur de la monnaie nationale. Une telle pratique est aujourd’hui interdite à la BCE et dans toute la zone euro.
Nous sommes en passe d’ajouter le laxisme monétaire au laxisme budgétaire. Le gouvernement se dote de la faculté de créer lui-même de la masse monétaire, la Banque d’Algérie ne fera qu’exécuter.

Au stade où nous avons été conduits, l’Etat n’a plus d’autre possibilité de financement immédiat.
Le financement non conventionnel devient une nécessité, car l’Algerie ne s’est jamais donné les moyens d’émettre d’emprunts obligataires internationaux et par là même d’entreprendre de travailler à obtenir un rating acceptable de sa qualité de risque emprunteur. Le rating est fondamental pour le coût, les montants empruntables et les durées des emprunts obligataires.

Les financements de la part de multilatéraux sont globalement limités en montants pour répondre à nos besoins. Ces derniers mois, la Banque africaine de développement (BAD) nous a octroyé un prêt de 1 milliard de dollars.

Les financements bilatéraux de pays à pays dépendent de la relation politique bilatérale et sont souvent assortis de contraintes pour l’acquisition des biens et services des pays du prêteur. A titre d’illustration, la Chine finance la nouvelle aérogare d’Alger et projette de financer pour un coût astronomique de 3,5 milliards de dollars le nouveau port Centre de Cherchell. Le financement extérieur de ce projet doublerait à lui seul la dette algérienne estimée à 4 milliards de dollars..

Quand aux emprunts obligataires intérieurs à destination du public, le dernier en date a dû devenir obligatoire pour les banques publiques, les assureurs et quelques grandes entreprises devant démontrer leur solidarité citoyenne, pour atteindre péniblement 580 milliards de dinars (5 milliards de dollars).

La croissance, enjeu de toute gestion économique.

Les réformes structurelles sont un passage obligé pour créer et augmenter le potentiel de croissance. Nous en abordons quelques-unes, mais dès lors que l’Algerie a accumulé beaucoup de retard, les réformes à entreprendre sont devenues très nombreuses. Je me permets d’indiquer sommairement ci-dessous quelques pistes d’axes de corrections à entreprendre.

DU TRAVAIL

Pour commencer, retenons que le coût du travail est crucial pour la compétitivité d’une économie, mais uniquement rapportée à la productivité du travail. L’accroissement de la productivité du travail, facteur de croissance économique, est donc nécessaire pour augmenter les revenus sans perte de compétitivité.

1- Afin de diminuer le coût du travail pour les secteurs où il n’existe pas de gisements de gains de productivité, transférer l’intégralité des cotisations sociales sur les salaires bruts. Les ménages ou les foyers fiscaux se verraient en contrepartie compléter leur revenu du travail par des prestations sociales adaptées pour assurer un niveau de vie décent. Parallèlement, les employeurs n’auront plus la tentation du recours au travail dissimulé pour éviter les cotisations patronales.
2- Lutte contre le chômage et le travail dissimulé.

L’augmentation de la population au travail doit conduire notamment à une réforme du marché du travail en limitant les rigidités, telles que les effets de seuil, la complexité des lois sociales… Il faut également accélérer l’incitation à retrouver un emploi. Cela passe par des aides à l’obligation de formation pour accroître le niveau de qualification, notamment dans les secteurs porteurs. Les aides à la création d’entreprises (CNAC, Ansej, Angem) doivent être étroitement liées à l’attestation de succès de formations qualifiantes.

Des retraites

Plus les actifs partent à la retraite tôt, plus leur pouvoir d’achat s’érode face à l’inflation et les caisses de retraite ne seront pas en mesure de réévaluer les revenus pour compenser. Cela est particulièrement vrai dans les périodes d’inflation ou d’hyperinflation qui fragilisent et exposent les retraités à rejoindre les catégories pauvres. Il ne servira pas à grand-chose d’avoir dans quelques années une retraite de 50 000 da quand il faudra, compte tenu de l’inflation, un revenu de 200 000 da pour vivre décemment.

1 – Il est indispensable de mener une réforme des retraites par l’augmentation du nombre d’années de cotisation afin d’accroître la population en âge de travailler. Ce sera d’ailleurs la seule façon de stimuler la croissance tout en résolvant l’impasse du financement du régime des retraites par répartition.

2 – Nécessité pour les compagnies d’assurance et les banques d’introduire sur le marché des produits d’épargne de retraite par capitalisation. Les fonds d’investissement permettront à leur souscripteurs de recevoir une rente ou un complément de retraite. En outre, cela favorise aussi l’inclusion financière de l’épargne et la stimulation de supports de «long terme et peu volatils» de l’épargne.

De l’efficience du service public

L’augmentation du potentiel de croissance et de la compétitivité passe aussi par la recherche d’un service public plus efficient, c’est-à-dire du meilleur rapport entre l’utilité et la qualité du service public et le niveau des dépenses publiques. Les réformes s’imposent donc. Les Algériens comprendront que le niveau de la protection sociale et des services publics ne peut être artificiellement maintenu par un endettement public croissant. Les efforts à accepter seront mieux appréhendés, ainsi que la nécessité de rechercher un meilleur équilibre des droits et des devoirs de chacun afin de protéger l’essentiel, c’est-à-dire une société équitable à un niveau de vie décent et avec une protection sociale de base qui favorise tout à la fois le vivre-ensemble et l’envie d’entreprendre.

Des Subventions

1 – Les subventions doivent moins concerner les produits mais plus les ménages en fonction de leur situation de revenus. Il n’est pas question de passer du jour au lendemain d’un modèle à un autre, mais de les panacher à 50/50 au départ.
L’étude de l’éligibilité du droit à bénéficier de revenus complémentaires de solidarité se fera de façon délocalisée par les assistants sociaux aux niveau de chaque commune. Les communes auront ainsi l’occasion de réaffecter une partie de leurs ressources humaines.
2 – Par ailleurs, la subvention aux producteurs ou aux produits importés, comme c’est le cas aujourd’hui, doit se faire sur la base d’un coût de revient mondial normatif corrigé par les coûts des facteurs algériens (salaires, énergie, eau…), et ce, pour cesser immédiatement à encourager des coûts de revient exagérés et des montants de subventions gaspillées.

La sphère économique publique marchande

A l’indépendance, l’Algérie jouissant de la rente pétrolière, a adopté un modèle d’Etat-providence et est devenue acteur dans tous les secteurs économiques. Ainsi, aujourd’hui faute de n’avoir pas fait l’effort de distinguer quels sont les secteurs stratégiques ou de souveraineté et les secteurs qui sont du ressort du secteur privé national et international, l’Etat se retrouve avec un fardeau de sociétés en difficultés financières et sociales, malmenées par la concurrence, et comme des trous sans fond, consomment des capitaux de l’Etat à l’occasion de leur recapitalisation ou à l’occasion de financements bancaires impossible à rembourser par elles et garantis par le Trésor.

L’omniprésence de l’Etat gestionnaire occasionne par ailleurs un grand retard quantitativement et qualitativement du secteur privé national et une faible présence du secteur privé international, privant ainsi notre pays des capitaux étrangers, de l’apport des transferts technologiques et de l’arrimage de notre pays aux chaînes de valeurs internationales.
Dans un proche et inéluctable avenir, l’Etat devra se désengager en privatisant des entreprises viables, en vendant des actifs patrimoniaux productifs et en fermant des entreprises maintenues artificiellement sous perfusion.
Une partie du privé algérien devra également faire sa révolution en élargissant ses activités pour ne plus uniquement dépendre des marchés publics.

Débureaucratiser l’acte d’investir et d’entreprendre

L’objectif assigné étant d’accroître considérablement le nombre d’entreprises dont le stock est très insuffisant, l’acte de création est indispensable, permettant l’auto-enregistrement au CNRC, l’autorisation de sociétés de domiciliation de sièges sociaux, la suppression de l’autorisation de l’Anem pour embaucher, la suppression des cotisations sociales patronales pour vider d’intérêt le travail dissimulé ; les modalités de rupture conventionnelle du contrat de travail doivent figurer dans chaque contrat.

Privilégier l’industrialisation pertinente sans oublier l’économie immatérielle de la connaissance. Il faut également privilégier l’industrialisation dans les secteurs où notre pays possède des avantages concurrentiels pour à la fois avoir des taux d’intégration et donc de valeur ajoutée d’au moins 40%, ce qui permettrait d’économiser des devises, voire d’être compétitif sur des marchés étrangers et contribuer aux recettes en devises de notre pays. Dans ce cadre, tout projet doit s’analyser objectivement :

1- soit à partir d’un tableau de la balance devises ;
2- soit à partir de raisons stratégiques car notre souveraineté est en jeu ;
3- soit pour assurer sa sécurité alimentaire ;
4- soit pour investir dans des produits et services d’avenir pour ne pas s’exposer à de nouvelles fractures technologiques. L’économie de la connaissance sera un enjeu vital.
 
De l’habitat

Il est important d’inculquer au citoyen l’importance du droit au logement et non l’obligation de devenir propriétaire.
Outre que cela coûte cher au budget de l’Etat qui ne peut satisfaire tout le monde en même temps avec des listes qui s’étalent sur 15 ans, il est suicidaire de continuer à produire des logements dans des cités qui seront des lieux de malvie et des sources de fracture sociale.

Le droit au logement doit s’interpréter comme un soutien de l’Etat à aider les ménages à se loger pour mieux s’insérer dans la société. En d’autres termes, cela passe essentiellement par la subvention du loyer grâce à une prime mensuelle «d’ aide personnalisée au logement».
Les inconvénients de l’aide à l’accès à la propriété est que cela ne concerne que peu d’élus à la fois avec un stock de demandes s’étalant sur au moins 15 ans et cela devient un frein à l’employabilité en limitant la mobilité géographique des bénéficiaires. Avec l’aide personnalisée par la subvention des loyers, cela peut d’emblée concerner tout le monde et les bénéficiaires savent qu’en déménageant pour mieux trouver un emploi, ils bénéficieront de la même aide.
Le droit au logement permet l’inclusion sociale d’une plus grande frange de la population tout de suite. Dès lors que l’aspiration patrimoniale auprès de l’Etat disparaîtrait, il y aurait beaucoup moins d’habitats précaires en stock et il s’en créerait beaucoup moins de nouveaux.

De l’éducation

Nous pouvons considérer que les objectifs premiers de l’Algerie post-indépendance sont atteints au prix de grands efforts d’allocations budgétaires : alphabétisation de l’ordre de 80%, maillage du pays par 15 000 structures d’enseignement (écoles primaires, collèges, lycées et universités). Scolarisation des filles : obligatoire de 6 à 15 ans.
9 millions d’élèves dont 1 million en première année primaire, conséquence de l’explosion du taux de natalité ces dernières années, 1,4 million de lycéens au secondaire et 1,5 million d’étudiants au supérieur.
750 000 fonctionnaires dont 46 000 enseignants.

Après les défis quantitatifs, il s’agit à présent de se fixer des objectifs qualitatifs :

1- limiter le taux de déscolarisation après l’âge obligatoire, accroître le niveau scolaire pour le rapprocher des standards internationaux, amener 70% d’une classe d’âge à obtenir un diplôme supérieur de qualité pour prétendre à de vrais débouchés professionnels ;
2- faire figurer nos universités dans le Top 200 mondial alors qu’il n’y en a aucune dans le Top 1000 aujourd’hui. La meilleure se situe à la 2256e place. Cela passe par le rehaussement du niveau des enseignants, l’éducation se doit d’attirer les meilleurs profils. Nous aurions beaucoup à apprendre du modèle de la Corée du Sud. La coopération dans ce sens ne serait que bénéfique ;
3- rendre nécessaire dans toutes les disciplines la maîtrise de deux langues étrangères. Les algériens doivent aussi devenir citoyens du monde sans crainte pour leur algérianité ;
4 – développer les échanges entre le monde de l’entreprise et l’université. Des cadres d’entreprises doivent pouvoir dispenser des enseignements ;
5 – octroyer des bourses d’études significatives pour la vie quotidienne, création du chèque repas, la carte étudiant de transport urbain ;
6 – création de bourses d’aide à la location, mise en place du système de cautions mutuelles pour le logement des étudiants ;
7 – défiscalisation totale pour les propriétaires, des revenus locatifs destinés aux logements des étudiants ;
8 – favoriser l’accès aux stages et aux emplois à temps partiel des étudiants en dispensant l’entreprise de toutes cotisations patronales. L’objectif étant d’insérer graduellement l’étudiant dans la société. Il faut donc rompre à résumer les résultats de l’Etat pour l’éducation en coûts dépensés dans le nombre de places pédagogiques, le nombre de lits d’hébergement, le nombre de repas fournis et le nombre de personnes transportées. L’enseignement privé doit se généraliser et se démocratiser.

De la Santé et la protection sociale

Aller vers plus d’intégration et de complémentarité public-privé. La couverture sociale (CNAS et mutuelles privées) doit concerner tous les centres de santé. La mutualisation des moyens privés et publics pour éviter les redondances dans certaines régions doit être la règle.

De la Fiscalité

1- Encourager l’élargissement des assiettes fiscales, abaissement des taux d’imposition sur les bénéfices des sociétés. 15% pour les SPA, 20% pour les SARL et autres formes juridiques.
2- Recours aux crédits d’impôts ou avoirs fiscaux pour les entreprises franchissant des seuils de 100, 500, 1000 salariés.
3- Développer la fiscalité locale qui a un impact direct sur l’environnement des lieux de vie des citoyens. Impôts fonciers, taxes d’habitation, taxes des surfaces commerciales, la cotisation foncière des entreprises, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.

La nécessaire refonte de notre système financier

1. Procéder au nettoyage du bilan des banques publiques en sortant de l’actif tous les engagements non performants liés à leur fonction de distribution de crédit pour le compte de l’Etat. Ceci afin de neutraliser ce que j’appelle le poids du passé. Ces créances seront refinancées dans le cadre d’un fonds commun de créances par la titrisation garantie par le Trésor. En conséquence, le ratio de liquidités des banques publiques s’en trouvera amélioré, ce qui leur permettra d’augmenter significativement le financement de l’activité économique productive.
2. Regroupement par fusion-absorption de banques publiques dont les fonds de commerce seraient trop petits et peu attractifs à l’ouverture du capital.

3. Ouverture de capital à hauteur de 49% des banques publiques.
4. Renforcement de la BEA dans son rôle de banque étatique visant à protéger des secteurs de souveraineté et stratégiques.
5. Réautorisation de la création de nouvelles banques privées à capitaux mixtes tout en abaissant le seuil du capital minimum.
6. Instauration d’un marché des devises à animer par les banques commerciales. Les banques commerciales pourront conserver les encaisses devises de leurs clients exportateurs de biens et services hors hydrocarbures.
7. Encouragement à la création de la banque digitale (banque de flux) de type Boursorama, hellobank, Orangemoney, INGDirect, seule capable de pallier la faiblesse du maillage d’agences bancaires et se mesurer à la taille de notre pays. Actuellement, moins de 50% de la population est bancarisée.
8. Encouragement à la création d’établissements financiers spécialisés pour le financement du poste clients des entreprises par l’affacturage avec la prise en charge de la cotation risque de liquidité et solvabilité des entreprises.

9. Dans le cadre de l’aménagement du territoire, création du principe de licences d’agences par adjudication dans des lieux à désigner par la Banque d’Algérie.

10. Réorganisation du FNI par le renforcement de son capital humain et pour bien identifier ses activités :
a. de caissier pour le compte de l’Etat dans les grands projets d’infrastructures ;
b. de ses missions de fonds d’investissement pour le compte de l’Etat et pour compte propre avec une gestion active des actifs ;
c. mission de correspondant des multilatéraux au titre de son passé de Banque algérienne de développement ;
d. banque d’affaires pour étudier et accompagner les opportunités d’investissement à l’étranger présentées par les nationaux en vue d’allouer des devises et ou de prendre des participations. Le but étant de s’assurer de la qualité des projets et d’avoir un pied dans les conseils d’administration en étant actionnaire. A moyen terme, le FNI cédera ses participations pour réallouer ses ressources devises à d’autres projets. La première dotation en devises sera allouée par la Banque d’Algérie ;
e. Banque d’affaires pour accompagner la croissance des entreprises privées sur le marché algérien par des prises de participations dans de nouveaux projets.

11- Bourse d’Alger : incitation forte d’introduction en Bourse de tous les grands groupes algériens et étrangers avec des seuils minimum de 10%, obligation d’octroi d’au moins un poste d’administrateur au collège de petits porteurs, ainsi qu’au collège de salariés. La notion de grande entreprise s’analysera par la taille du chiffre d’affaires et ou la place de l’entreprise sur un marché donné (produits de large consommation, de première nécessité, très nombreux utilisateurs…).
Voici, en somme, l’ébauche de quelques axes de réformes sans omettre de rappeler les fondamentaux qui conditionneront la réussite.
1- La transparence dans la communication auprès de la population et des acteurs économiques et financiers domestiques et étrangers.
2- Apprendre de ses échecs et s’avouer que l’impasse financière et budgétaire dans laquelle se trouve aujourd’hui l’Algérie n’est donc pas liée uniquement aux conséquences directes de la baisse des prix des hydrocarbures. D’ailleurs, l’Algérie ne parvient pas à atteindre ses quotas de vente de pétrole, nous ne produisons pas assez faute d’un effort d’exploration suffisant et nous en consommons trop localement. Nous sommes à la fois énergivores et avons une croissance de la population en hausse incontrôlée.
3 – Rigueur dans la gestion en reconnaissant qu’il faudrait changer les profils des dirigeants qui ont tous été formatés depuis des décennies au modèle d’Etat-providence et qui n’ont, malheureusement, depuis l’indépendance, jamais réussi à mener à terme un projet de réformes économiques, y compris en 1989-90.

En dépit de ce qui précède, je suis fondamentalement optimiste sur les possibilités de redressement. A court terme, il y a nécessité pour le Trésor de s’obliger à prévoir à l’avance le montant de ses besoins. Etablir un contrat de progrès dans les engagements de réformes et en mesurer au fil de l’eau les retombées. Au lieu de vouloir créer une commission ad doc de suivi, je chargerai la Banque d’Algerie d’assurer la mission de contrôle des indicateurs de performances et d’établir un rapport au chef de l’Etat. Ainsi, la Banque d’Algérie se verrait dévolue aussi une mission non conventionnelle et temporaire de surveillance de la transparence et de la rigueur du plan d’action de sortie de crise.
Dans une prochaine contribution, nous aborderons la problématique des la balance commerciale, de la balance des paiements et des réserves de change.
 

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Où en sommes-nous, et où allons-nous ?

Par Ali Yahia Abdennour

Militant des droits de l’homme
Du hold-up constitutionnel au hold-up électoral

Il faut aller à l’essentiel, porter un regard lucide sur la situation du pays, et dire la vérité. A son arrivée au pouvoir le 15 avril 1999, le président Abdelaziz Bouteflika a exprimé avec des trémolos dans la voix sa détermination de veiller à l’Etat de droit, à l’indépendance de la Justice, et de ne tolérer aucun dépassement. Les déclarations n’ont été que des professions de foi, des produits de propagande destinés à l’exportation et non à la consommation interne.

Le hold-up constitutionnel est annoncé en 2007 par Abdelaziz Belkhadem, chef de gouvernement : «Il faut restituer au chef de l’Etat toutes ses prérogatives. Le chef du gouvernement doit s’effacer pour permettre au Président d’être le véritable et unique chef du gouvernement.» La Constitution de 1995 initiée par le président Liamine Zeroual lui limitant la fonction présidentielle à deux mandats, a été amendée en 2008 pour un mandat sans limite, c’est-à-dire un mandat à vie.

Cette Constitution révisée par un homme et pour un homme dont le culte ne peut constituer l’idéal du peuple qui aspire à la démocratie, à la justice, aux droits de l’homme perd sa signification. Le danger est le pouvoir personnel et le culte de la personnalité.

Le hold-up électoral permet de poser la question suivante : les élections sont-elles utiles dans un pouvoir où l’alternance n’est pas possible de par la fraude électorale ? La question qui était posée aux Algériens en 2014 quand le président A. Bouteflika sollicita un 4e mandat était celle-ci : est-ce que vous croyez qu’il est catasrophique pour le pays de confier un 4e mandat au Président qui est sorti d’une hospitalisation de 90 jours de l’hôpital du Val de Grâce et des Invalides, souffrant d’une maladie grave et durable qui relève de l’article 88 de la Constitution ? Les quatre élections du président Bouteflika à la magistrature suprême n’ont pas dépendu du choix du peuple consacré souverain par la Constitution, mais du choix des décideurs de l’armée, du DRS en particulier, qui lui ont assuré à chaque élection par une fraude électorale massive qui est l’assassinat de la démocratie, une victoire à la Pyrrhus sans risque et sans gloire. Elu et réélu non pas dans les urnes mais par les résultats, le Président fait face à la question de son illégitimité. La voie des urnes est faussée et le suffrage universel qui est le fondement de l’accession au pouvoir parce qu’il garantit la liberté et la sécurité du scrutin est perverti par des élections closes quant à leurs résultats avant d’avoir commencé.

L’élection est un moyen d’expression de la volonté populaire, à condition de lui conférer la crédibilité par l’élimination de la fraude. Au-delà des élections truquées, c’est le problème du Président actuel qui est posé, son aptitude à incarner et diriger le pays.

Comment le président Abdelaziz Bouteflika a exercé son pouvoir

Quand le pouvoir en place est centralisé, contrôle tout et n’est contrôlé par personne, il n’existe pas de droit contre lui, il n’y a ni Etat de droit ni séparation des pouvoirs. Montesquieu a enseigné que «la démocratie reposait sur trois principes nettement séparés : l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Quand les deux derniers se mettent au service du premier, il n’y a pas démocratie mais dictature». L’Algérie a vécu dans un pouvoir dont le soleil est le président Bouteflika et les partis qui le soutiennent avaient pour mission d’en réfléchir les rayons. Le Président imprime sa propre marque à la marche des affaires de l’Etat, et la totalité des grands dossiers relèvent de sa responsabilité.
Il est au-dessus des lois, a tous les droits, viole de façon délibérée, voulue, réfléchie, outrageante la Constitution. Il incarne la verticalité du pouvoir charismatique césariste. Il a fait main basse sur la pays, a imposé une politique néolibérale opposée au libéralisme, a servi les riches toujours plus riches, desservi les pauvres toujours plus nombreux, a redistribué les revenus et les richesses nationales de manière illégale, injustifiée, inacceptable, intolérable, qui ont fait la rupture avec les couches moyennes et populaires de la société.

L’inquiétude, la déception, le découragement, la frustration, le désarroi, la détresse habitent les gens. Une caste monopolise l’Etat et ses bénéfices, le transforme non seulement en instrument de domination politique, mais en source de pouvoir économique. La politique conservatrice du pouvoir a créé une société duale verticalement divisée, qui reproduit comme au temps du colonialisme une véritable hiérarchie sociale stratifiée.

Le FCE (Forum des chefs d’entreprise) s’investit dans la politique, se place au niveau des décideurs qui détiennent la réalité du pouvoir, cherche à asseoir la fortune de ses dirigeants et à conforter leur pouvoir. Tous les dirigeants des institutions de l’Etat expriment leur attachement indéfectible et leur fidélité totale au président Bouteflika.

Dans chacune des deux chambres du Parlement, les députés et les sénateurs en séance de travail se lèvent et acclament en chœur «l’homme providentiel, le guide suprême» dès que le nom du Président est prononcé. On se croirait en Corée du Nord. Le président Bouteflika est la président d’honneur du FLN qui applique le principe que Lassale recommandait à Karl Max : «Le parti se renforce en s’épurant». Purge au sommet et purge à la base. Les secrétaires généraux du FLN ne peuvent prétendre à la longévité politique. S’ils sont bien avisés, ils doivent méditer la leçon apprise par Louis XVIII : «Ce qui bouge trop meurt vite». Le pouvoir a conduit l’Algérie dans l’impasse, alors qu’elle a besoin d’un redressement politique, économique, social et culturel. Il écrase les libertés et les droits humains.

L’Algérie comme un Etat soviétique doit donner l’autorisation de son gouvernement pour une conférence ou un événement culturel. Le Conseil constitutionnel est à genoux, et son président qui ne dispose d’aucun pouvoir n’est qu’un fonctionnaire aux ordres du Président.
Nos libertés, notre dignité, le respect des droits humains fondamentaux nous les défendrons. Le peuple qui lutte pour sa liberté veut un nouveau locataire au palais d’El Mouradia qui assume toutes ses responsabilités. Le président Bouteflika a dominé la vie politique jusqu’à 2005, puis suivant le déclin de sa santé, il l’a abandonné progressivement et s’est effacé depuis 2013.

Le pouvoir glisse des mains du Président qui ne peuvent plus le retenir, le garder, vers sa fratrie, ses clans, qui agissent en son nom. La vacance du pouvoir est ressentie par les institutions et tous les secteurs de la vie publique. L’Algérie s’enfonce dans une crise multidimensionnelle aux conséquences imprévisibles. Le Président malade qui ne dirige plus le pays arrange les clans du pouvoir qui parlent en son nom pour pérenniser un pouvoir qui leur permet d’accaparer les richesses du pays pour acheter des biens à l’étranger. Il est soumis à des forces contradictoires qu’il ne contrôle plus et qui le déstabilisent. Le Conseil des ministres se tient depuis 2013 deux ou trois fois par an, alors que partout dans le monde il se tient une fois par semaine. Il dure 3 à 15 minutes selon l’état de santé du Président. Le dernier Conseil des ministres s’est déroulé dans un silence total durant quelques minutes pour permettre aux photographes de prendre des photos et au Président de tourner de sa main droite quelques pages d’un document.

Puis, le président Bouteflika se retire et le Conseil des ministres, en l’absence du Président, devient Conseil de gouvernement qui étudie le programme du Premier ministre. Ahmed Ouyahia, qui n’est pas au service de l’Algérie mais seulement du président Bouteflika, ne laisse pas le train présidentiel partir sans lui comme conducteur. Il a été nommé Premier ministre d’abord pour gagner les élections locales du 23 novembre 2017, car il est un grand spécialiste de trucage des élections depuis 1997, et ensuite pour gérer l’austérité. La planche à billets va fonctionner à plein régime. L’inflation qui sera bientôt à deux chiffres est un cancer du peuple. La présence de billets de banque en surnombre alors que la production stagne va permettre la montée en flèche des produits de consommation. Sous la présidence Chadli Bendjedid, Boualem Benhamouda, ministre des Finances, a décidé le retrait des billets de 500 DA. Un commerçant qui avait trop de billets de 500 dinars dans des sacs les a mis dans les cloisons des murs de séparation des chambres de sa villa en construction à double cloison. Si la masse monétaire augmente, d’autres détenteurs de billets de 2000 DA les placeront dans les murs de leurs villas et luxueux appartements comme papier peint qui redevient à la mode.

L’armée nationale populaire (ANP)

L’ANP, source du pouvoir, est le reflet de la société dans toutes ses composantes. Elle veille à préserver son rôle prédominant à la tête du pays. Elle détient la réalité du pouvoir. Qui dirige le pays ? Le regretté Rachid Mimouni, à qui le peuple a rendu un hommage bien mérité, a déclaré : «Qui dirige le pays ? L’armée. Qui a arrêté le processus électoral ? L’armée. Qui a proclamé l’Etat d’urgence ? l’armée. On peut continuer. Qui a destitué le président Ahmed Ben Bella ? L’armée. Qui a obligé le président Liamine Zeroual à écourter son mandat ? L’armée. Qui a porté Abdelaziz Bouteflika au pourvoir ? L’armée. Devant qui est responsable le président de la République ? L’armée qui l’a porté au pouvoir…» Le général de corps d’armée, chef d’état-major de l’armée, Mohamed Lamari, a tracé les lignes rouges avant l’élection présidentielle d’avril 2004, que le Président ne doit pas dépasser sous peine de sanctions. La mainmise du président Bouteflika sur l’armée s’est faite après la mise à la retraite de Mohamed Lamari en 2004, et son remplacement par Gaïd Salah en 2005. L’histoire se répète mais en bégayant.

Le président Bouteflika a mis du temps pour se libérer du DRS qui contrôlait ses activités et celles de ses amis placés aux postes stratégiques de l’Etat. Dans la loi de la jungle que connaît bien Mediène dit «Toufik», l’homme bien armé qui se trouve à un tournant face à un tigre, doit l’éliminer ou se laisser manger. Mediène a écarté le coup d’Etat constitutionnel par l’application de l’article 88 de la Constitution. Il a signé son arrêt de mort politique en s’attaquant à Chakib Khelil, ami d’enfance de Bouteflika. Au niveau de l’Etat coexcistent deux pouvoirs qui parfois s’opposent, celui apparent officiel du chef de l’Etat, et celui occulte de l’armée.

La hiérarchie militaire, le discours de Gaïd Salah, général de corps d’armée, vice-ministre de la Défense, comme les éditoriaux de la revue de l’armée El Djeïch, son organe de presse, ne cessent de rappeler leur loyauté au président Bouteflika. L’armée dit qu’elle est républicaine, mais le Président auquel elle obéit n’a pas ancré dans sa mentalité république, étant pour un pouvoir totalitaire, dictatorial.

Il faut ouvrir un débat avec intelligence et clarté en se limitant à l’essentiel avec l’obligation de vérité, sur le cheminement suivi par l’armée depuis 2005. Des voix qualifiées se sont élevées pour dire leur point de vue. Le devoir et l’honneur des militaires c’est de servir la nation. L’armée appartient à la nation et ne peut s’identifier à un pouvoir. Elle ne peut être marginalisée dans la prise de décision politique, ni devenir une institution de l’Etat comme les autres. Les déclarations de Noureddine Boukrouh qui a tiré la sonnette d’alarme ont donné lieu à de nombreux commentaires et polémiques.

Il faut calmer le jeu. Il a le droit de critiquer, d’exprimer son point de vue sur la situation du pays, et la position de tout organisme national, car le temps politique est lourd comme un orage d’été qui n’éclate pas, mais une étincelle peut déclencher un incendie. Tout peut basculer, le tragique peut frapper à tout moment, il faut l’écarter. Le changement plane, se dessine, il faut éviter qu’il ne se fasse pas par la violence. Proverbe iranien : «Si l’on peut défaire le nœud avec les doigts, pourquoi y mettre les dents ?» Il existe dans l’opinion publique, qui est la forme directe de l’expression des citoyens, une volonté de changement de pouvoir et de politique. Il faut donner le pouvoir au peuple, le pouvoir qu’il n’a eu qu’à subir jusqu’à présent, pour éviter la radicalisation politique qui le précipiterait dans l’escalade de la violence. L’avenir s’écrira par le peuple qui œuvre pour l’intérêt général.

En cet été 2017, l’armée se trouve dans le même dilemme qu’en 2013 : faire un coup d’Etat constitutionnel ou laisser le pourrissement gagner la rue. Le changement ne se fera pas par la violence, mais par le recours au suffrage universel par des élections crédibles. Ce sera quand la démocratie aura droit de cité dans le pays. L’armée doit garder sa cohésion et son homogénéité. Peut-on dire que dans un pouvoir dictatorial l’armée peut être marginalisée dans la prise de décision politique ? Les visiteurs du soir qui se rendent à la Présidence pour diriger le pays en qualité de centre de décision ne peuvent agir sans la participation de l’armée ou sa bienveillance. Le pouvoir au peuple, l’armée à la nation, l’Algérie à tous les Algériens. Il faut  méditer l’exemple du Venezuela qui est tombé dans le chaos sous l’effet combiné de la baisse des cours du pétrole, de la corruption et de l’incapacité des dirigeants. Poursuivre avec vigueur et rigueur, persévérance et lucidité, sans jamais se décourager, quels que soient les obstacles, ou se laisser intimider, le combat pour la démocratie est le devoir de chaque Algérien et de chaque Algérienne.
 

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