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«Je n’exercerai plus de responsabilité partisane»

Le Café littéraire de Béjaïa a pu tenir jeudi la rencontre qu’il a programmée avec Saïd Sadi au théâtre régional Malek Bouguermouh, mettant en échec une énième tentative de mise à mort de la libre expression en Algérie.
Avec le concours d’une mobilisation citoyenne exemplaire, l’ancien président du RCD a tenu sa conférence-débat sans l’autorisation exigée par les services de la Drag. Pour rappel, les autorités ont soumis la conférence du docteur Sadi à une autorisation préalable. Ce que les animateurs du Café littéraire ont refusé, estimant qu’il s’agit «d’entraves à la liberté d’expression et d’organisation». La tenue de la conférence est vécue comme une deuxième victoire après celle d’Aokas, le mois dernier. Une foule nombreuse, que la grande salle du TRB n’a pas pu contenir, a répondu à l’appel. Parmi les présents, Djamel Zenati, l’une des figures de proue du MCB.

Deuxième victoire

D’emblée, Saïd Sadi, devant une salle archicomble, a tenu à saluer cet élan de résistance : «Je voudrais apporter ma part de solidarité et d’engagement dans le combat que mène l’ensemble des associations, dont le Café littéraire de Béjaïa est l’une des plus emblématiques.»  
La conférence, qui a pour thème le dernier livre de Saïd Sadi Cherif Khedam, abrid igunnin (le chemin du devoir), est allée dans plusieurs sens. Dans un premier temps, le conférencier s’est étalé sur la résistance des peuples amazighs à travers les temps, déclarant à ce propos : «En ce qui concerne la résilience amazighe qui est unique dans l’histoire, j’insiste là-dessus, si elle a traversé les plus grandes invasions, c’est parce que la culture n’y est pas une esthétique, c’est un instrument de gestion de l’organisation de ce rapport à soi et à l’autre.»

S’agissant de l’icône de la chanson kabyle, Cherif Khedam, le conférencier est revenu sur plusieurs aspects de l’homme et de l’artiste, notamment son engagement militant que certains lui contestent injustement. «Moi, je l’ai vu prendre des risques fous avec nous», a déclaré Saïd Sadi, revenant à ce propos sur le premier festival panafricain duquel Taos Amrouche et tamazight en général étaient bannis par Boumediène. Il expliquera qu’en dépit de «la situation électrique» qui prévalait à cette époque, «parmi les artistes adulés, le seul qui avait accepté de venir à la cité universitaire de Ben Aknoun, c’était lui (Cherif Khedam ndlr)». «Si ce n’est pas un engagement politique, je ne sais pas ce que c’est alors», se demande-t-il.

«Le pouvoir ne m’adore pas et c’est réciproque»

Lors du débat, répondant à une question, Saïd Sadi a dit qu’il s’était «retiré de la vie partisane. J’estime en mon âme et conscience que la pire erreur qu’ont faite ceux qui ont libéré le pays, ça été de nous avoir imposé leur présence depuis 1962 à nos jours. Ce n’est pas la peine de refaire ce qu’on dénonce éternellement. Donc, je n’exercerai plus jamais de responsabilité partisane. Mais ce n’est pas pour penser ma mort citoyenne, ma mort politique. La vie publique, je suis concerné, pour moi, pour mes enfants, pour mes concitoyens, etc.» La réponse devrait être sans appel pour ceux qui prêtent depuis quelques temps à Saïd Sadi des ambitions présidentielles en prévision des joutes de 2019.

A la question de savoir si Saïd Sadi dérange le pouvoir, il répond : «Le pouvoir, je ne crois pas qu’il m’adore et c’est réciproque.» Il a rappelé à ce titre le refus des autorités d’agréer sa fondation Afud. Un refus pour lequel, a-t-il dit, «je dois me payer un procès».
Questionné sur l’autonomie de la Kabylie, Saïd Sadi a d’abord souligné que «l’ordre politico-administratif aujourd’hui est absolument inadapté». «Il faut absolument envisager autre chose», insiste-t-il.

Dans un second temps, il désapprouve en creux et sans le citer la démarche du MAK : «Pour moi, toute idée conçue par l’esprit mérite d’être débattue. Ce qui pose problème est lorsque l’idée devient un dogme. Quand tout débat est interdit, ça devient problématique. C’est la pire des choses.» «L’autonomie, le fédéralisme, les Etats unis, l’indépendance, ça se débat ! Mais on débat d’abord sur les fondements… les référents symboliques viendront bien après», suggère-t-il. Et d’ajouter dans la foulée : «L’idéal est que l’évolution se fasse de manière ordonnée et pas dans la foulée d’un chaos.» 
 

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Des villages évacués

Les villages de Tifra et Tizi n’Tifra, à 60 km de Béjaïa, ont été littéralement cernés par les flammes et une bonne partie de la population a pris la fuite vers les villages épargnés pour échapper au feu qui a atteint les habitations.
«Une bonne partie des habitants a été évacuée, car le feu est entré dans le village. Il a juste laissé le temps aux villageois de quitter les lieux, qui avec son véhicule, qui en embarquant dans des fourgons de transport en commun. Les maisons ont certes été épargnées, à part quelques portails et clôtures, mais le feu a tout brûlé autour», relate à El Watan une source du village Tifra.

Après avoir consumé la végétation entourant le village, l’incendie s’est déplacé vers la forêt de Tifra, laissant derrière lui un paysage de désolation, rapporte notre source. Les pompiers ont été déployés en nombre le soir même du départ de feu, mais celui-ci n’aurait pas pu être circonscrit sans la mobilisation populaire. «Dès que l’alerte a été donnée, des gens des villages voisins, Akfadou, Adekar, Taourirt Ighil, Aguemoune… ont accouru pour combattre l’incendie. Sans eux, les pompiers n’auraient pas pu faire grand-chose», rapporte encore notre source. Et d’ajouter que plusieurs personnes, incommodées par la fumée, ont été évacuées vers les centres de soins.

A Toudja, les villages Tiouririne, Amrij, Tiaâmoudine et Laâziv Iaâchourène ont été la proie d’un gigantesque incendie qui a surpris les villageois dans la soirée de mardi. A Tiouririne, premier village atteint, des habitants dont les maisons étaient menacées se sont réfugiés dans la mosquée pour ne pas finir brûlés. «Il ne restait que quelques mètres avant que le feu n’atteigne les maisons. Certains habitants ont pris la fuite et se sont rendus chez les proches ou les amis dans les villages voisins. D’autres ont occupé la mosquée tout en veillant à ce que le feu ne s’en approche pas», raconte Kamel, un habitant de Tiouririne. Là aussi, la mobilisation citoyenne a été décisive dans la mesure où l’implication des riverains a été complémentaire aux moyens dérisoires des sapeurs-pompiers.

On déplore dans cette région un jeune brûlé au niveau des mains et plusieurs personnes, surtout des femmes, incommodées par la fumée et admises dans des structures sanitaires. Vers 14h hier, indique Kamel, le feu se rapprochait de celui d’Ivarissen, dans la commune d’El Kseur. Les mêmes scènes se répètent à Adekkar, mais pas avec la même intensité. Les pompiers, les agents de la Conservation des forêts et la population locale, qui s’est mobilisée comme un seul homme, ont pu courageusement repousser les flammes qui se sont dangereusement rapprochées du chef-lieu communal, indique un habitant d’Adekar-ville. Selon lui, la population maintient la vigilance pour parer à toute éventualité. Le feu, ajoute-t-il, est redescendu vers Tifra, El Kseur et Taourit Ighil.

La Protection civile de Béjaïa, dans un bilan, a recensé 80 départs de feu «ces dernières 48 heures» (mardi et mercredi jusqu’à midi), dont 24 sont importants, qui ont pris dans les quatre coins de la wilaya. Si la plupart ont été maîtrisés, certains sont toujours en cours. Le bilan des dégâts est lourd : 663 ha de végétation, 27 ha d’arbres fruitiers, 2 poulaillers et 13 têtes de caprins et d’ovins partis en fumée, selon la Protection civile. A signaler que ce bilan ne rend pas compte des dégâts occasionnés par les incendies en cours.
 

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