Archive for the Auto Category


«Il faut fixer les filières prioritaires avec les constructeurs»

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur l’état de la sous-traitance industrielle dans le secteur automobile en Algérie ?

La sous-traitance industrielle dans ce secteur a en réalité toujours été centrée autour des besoins des donneurs d’ordres nationaux, tels que la SNVI. La donne a changé depuis l’implantation de l’usine de montage de véhicules Renault en 2014, rejointe par les constructeurs Volkswagen, Hyundai, Kia et maintenant Peugeot.

On peut aujourd’hui schématiser le tissu des sous-traitants en Algérie en deux catégories. D’abord les sous-traitants dits «traditionnels» ou opérateurs historiques des donneurs d’ordres nationaux, tels que la SNVI mais dont les procédures et pratiques en matière d’homologation sont totalement différentes des constructeurs internationaux.

Je précise, en effet, que dans les projets en partenariat, certes le partenaire local a un droit de regard, mais dans les faits, c’est le partenaire étranger qui a la maîtrise du processus d’homologation de bout en bout. On assiste ensuite à l’émergence d’une deuxième catégorie de sous-traitants qui ne sont pas des industriels à la base ou qui sont sur des métiers annexes et qui voient dans ce secteur une opportunité majeure de croissance, voire une obligation pour certains.

On verra comment va se structurer ce marché dans l’avenir, étant donné qu’en dehors de Renault tous les autres constructeurs viennent de démarrer leur production, mais ces deux catégories de sous-traitants devront en tout état de cause «cohabiter» pour créer l’écosystème automobile de demain.

Dans tous les cas, les sous-traitants se doivent de repenser leurs méthodes et process internes afin de se conformer aux exigences normatives du secteur.

L’industrie mécanique dans le secteur automobile ne peut exister sans l’appui de sous-traitants de qualité. Selon vous, quelle vision industrielle devra-t-on avoir et quelles sont les conditions d’émergence de cette filière à l’avenir ?

Une vision industrielle doit tenir compte de plusieurs éléments. D’abord il faut travailler sur ce que pourraient être nos «facteurs-clés de différenciation» par rapport à nos voisins.

L’Algérie, et il faut le dire, doit tenir compte de l’existence d’une plateforme d’exportation automobile qui est aujourd’hui opérationnelle pour les opérateurs étrangers (le Maroc). A titre d’exemple, on peut cibler les sous-traitants du panel des constructeurs qui n’ont pas aujourd’hui de base en Afrique du Nord.

Un opérateur étranger qu’il soit équipementier ou sous-traitant a en effet une vision régionale et de fait une implantation en Algérie serait d’un intérêt moindre s’il possède déjà une base dans la région (Afrique du Nord). Ensuite, il y a lieu de fixer avec les constructeurs les filières prioritaires qui devront s’insérer progressivement dans leurs business plans mais en tenant compte de l’existant sur la région.

Si on prend la structuration de l’exportation au Maroc, on peut par exemple constater que la filière plasturgie est très peu représentée par rapport aux autres filières.

Dans tous les cas, il faut positionner l’Algérie comme l’un des acteurs automobiles de la région Afrique du Nord, et travailler de concert avec les constructeurs dans la structuration des filières automobiles en écosystèmes performants.

Vous avez tenu dernièrement la première édition des assises nationales sur l’industrie automobile. Quel est l’objectif visé à travers cette importante manifestation ? 

Notre objectif premier était de réunir l’ensemble des parties (gouvernement, constructeurs et sous-traitants) autour de la «même table» afin de partager une vision commune de ce secteur et échanger sur le fond. Un constructeur se doit d’être une force de propositions et accompagner l’émergence de l’écosystème automobile en Algérie, c’est certain. Pour autant, il demeure un opérateur autonome dans ses décisions et on ne peut pas lui «imposer» notre point de vue.

C’est en tout cas mon avis. On n’obtient rien par la force.

Nous avons donc souhaité que ces assises soient le «socle» sur lequel repose le dialogue public-privé de cette filière, qui sera amené à être enrichi progressivement de façon à nous permettre d’atteindre les objectifs escomptés dans les cinq à dix années à venir.
C’est une première édition sur laquelle Renault nous a d’ores et déjà confirmé son intérêt et son engagement dans la préparation de la prochaine édition et qui j’espère sera rejoint par les autres constructeurs implantés, tels que Peugeot entre autres. R. B.
 

————————————–
(*) Union professionnelle de l’industrie automobile et mécanique

Read More...

Une hausse de 5% et des interrogations

La facture d’importation des véhicules de tourisme a augmenté de 5,31% en Algérie.
Elle est passée de 504,02 millions de dollars durant les cinq premiers mois de l’année 2016, à 530,8 millions de dollars durant la même période de 2017. Ce sont là des chiffres dont a eu vent hier l’agence APS auprès des Douanes, qui donnent aussi les factures de véhicules de transport de personnes et de marchandises qui ont reculé de 25,45%, en se chiffrant à 196,4 millions de dollars contre 263,45 millions de dollars, des accessoires de véhicules automobiles qui ont atteint 164,1 millions de dollars contre 171,53 millions de dollars, en baisse de 4,33%.

En plus de la facture des pneumatiques neufs qui ont été importés pour un montant de 144,6 millions de dollars contre 181 millions de dollars (baisse de 20,11%). Cependant — fait nouveau —, pour une fois, les services des Douanes ne communiquent aucun chiffre relatif au nombre de véhicules importés durant la même période.

Il est ainsi légitime de s’interroger sur ce type d’importation de véhicules, sachant qu’il n’y a eu aucune licence d’importation de véhicules pour 2017. Les Douanes ont-elles comptabilisé les importations comprises dans les licences de 2016 dont la durée de validité avait expiré le 8 novembre dernier avant que celle-ci ne soit prolongée jusqu’au 31 décembre 2016 ? Ou bien s’agissait-il de kits destinés au montage SKD (Semi Knocked Down) des véhicules. Autrement dit, cette «forme d’importation déguisée», dont a parlé, ces derniers jours, lors de ses sorties médiatiques, le nouveau ministre de l’Industrie et des Mines, Mahdjoub Bedda.

Le ministre a, en effet, sévèrement critiqué son prédécesseur sur, notamment, l’activité de montage de véhicules qui n’a fait que gonfler exagérément la facture des importations sans tenir la promesse de créer les bases d’une véritable industrie en Algérie. «Les projets de montage de véhicules lancés n’ont pas atteint les objectifs escomptés.» «La première évaluation faite par mon secteur concernant la construction automobile fait ressortir que nous sommes loin des objectifs tracés», a-t-il notamment estimé. Mahdjoub Bedda a clairement parlé d’«exportation déguisée de devises» à travers les opérations d’importation destinées aux unités de boulonnage automobile.

Avant lui, le nouveau Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, a, dès son installation, établi un constat d’échec de la stratégie économique du pays, et a même parlé de dépenses «inutiles» d’une cagnotte de 70 milliards de dinars.
A noter que le  pays compte actuellement trois usines de production de véhicules de tourisme et deux autres de véhicules utilitaires. Quant aux licences d’importation des véhicules 2017, un quota de 25 000 voitures sera importé pour l’année en cours, mais jusque-là aucun quota par marque n’a été établi.
 

Read More...