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Ouyahia rencontrera les patrons et l’UGTA ce jeudi

A peine installé au Palais du gouvernement, Ahmed Ouyahia va réunir ses «partenaires» économiques et sociaux.
La rencontre entre le gouvernement, le Forum des chefs d’entreprise et la centrale syndicale aura lieu jeudi 24 août, a-t-on appris de sources sûres.
Une semaine, jour pour jour, après le limogeage controversé de Abdelmadjid Tebboune, les relations entre le gouvernement et le patronat sont redevenues «normales». Les deux parties vont donc pouvoir discuter sans les anicroches qui ont marqué la première réunion qui s’est tenue autour de Abdelmadjid Tebboune.

Fini les acrimonies, les attaques publiques et les rappels à l’ordre : Ali Haddad, qui avait l’air crispé lors de sa dernière rencontre avec l’ancien Premier ministre, pourra s’asseoir côte à côte avec son «ami» Ahmed Ouyahia. La discussion tournera, officiellement, autour de la préparation de la réunion de la tripartite qui aura lieu le 23 septembre prochain à Ghardaïa. «La rencontre est une suite de celle qui a eu lieu avec Abdelmadjid Tebboune», assure-t-on du côté du FCE. D’ailleurs, les trois partenaires (UGTA, gouvernement et patronat) avaient promis de définir «le programme» de la rencontre de Ghardaïa au cours du mois d’août.

Au-delà de l’image que les partenaires voudront présenter aux médias, la rencontre de ce jeudi aura une autre charge, symbolique celle-là. Il s’agit de montrer que l’épisode Tebboune, déjà enterré à El Alia le jour des funérailles de Redha Malek, est bel et bien terminé. Une parenthèse qui a été vite refermée après quelques semaines d’atermoiements et de polémiques qui ont fait de l’ancien Premier ministre un héros malgré lui. Dans le sillage de la rencontre de jeudi prochain, il semble que tous les litiges qui ont opposé le gouvernement et le FCE sont désormais aplanis. Pis, même les mises en garde envoyées aux entreprises qui ont enregistré des retards dans la réalisation des chantiers publics ont subitement cessé. Tout comme les marchandises bloquées dans les ports depuis quelques semaines ont pu être libérées. C’est d’ailleurs là le sens de la fameuse circulaire adressée par le chef de l’Etat à son ancien Premier ministre.

En attendant cette rencontre qui remettra Ahmed Ouyahia au-devant de la scène médiatique, le Premier ministre a rencontré, hier, certains de ses ministres pour préparer le plan d’action du gouvernement. Le document devra être présenté en septembre devant les parlementaires.
 

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Le ministère des Affaires étrangères commémore la Journée nationale du Moudjahid

Une cérémonie commémorant la Journée nationale du moudjahid, marquant le double anniversaire de l’offensive du Nord-Constantinois (20 Août 1955) et le Congrès de la Soummam (20 août 1956), a été organisée, hier, au siège du ministère des Affaires étrangères. Lors de la cérémonie qui s’est déroulée en présence du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, des cadres du ministère, des moudjahidine et moudjahidate, une minute de silence a été observée à la mémoire des chouhada de la Révolution et une gerbe de fleurs a été déposée devant la stèle commémorative.

Le directeur des Archives nationales, Abdelmadjid Chikhi, a affirmé lors d’une conférence animée à cette occasion que la Journée du moudjahid commémore «deux événements importants dans l’histoire de la glorieuse Révolution algérienne», ajoutant que l’action armée et la résistance du peuple algérien face à la machine de destruction coloniale ont été sanctionnées par le Congrès de la Soummam qui «a mis en place la stratégie de la Révolution, dont les repères ont été définis par la Déclaration du 1er Novembre». «Le peuple algérien a eu un parcours éprouvant et a enduré les pires atrocités sous le joug colonial», a-t-il précisé. De son côté, le conseiller du cabinet du ministre des Affaires étrangères, Boutoura Mustapha, a estimé que «la commémoration de ces deux dates phares de la Révolution» implique d’œuvrer à «la préservation du legs révolutionnaire, de la paix, de l’indépendance, de la souveraineté et de l’unité du pays particulièrement dans ce contexte marqué par des changements et des mutations rapides sur les plans régional et international». Les deux responsables ont appelé «les jeunes à tirer les enseignements de l’histoire de la nation algérienne et s’inspirer des valeurs de la Révolution pour construire un avenir prospère».
 

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Une célébration dans la sobriété

Il est 9h54. Massés devant le portail du site historique du village Ifri, à 70 km au sud de Béjaïa, des militants de partis politiques et des citoyens lambda observent le départ en trombe de la délégation officielle conduite par le wali de Béjaïa.
Au sein de la délégation, des élus, les autorités militaires et la famille révolutionnaire représentée par l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), au milieu desquels se tient, un ballon de football entre les mains, le député et ancien journaliste sportif à la Télévision nationale, Mourad Boutadjine, viennent d’achever le protocolaire recueillement.

A présent, le musée est ouvert à la population. Ils étaient plusieurs centaines à s’y rendre pour la célébration du 61e anniversaire de la tenue du Congrès de la Soummam qui a eu lieu en 1956.

Cette année encore, les partis politiques — à savoir le Front des forces socialistes (FFS), le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et le Mouvement populaire algérien (MPA), auxquels s’ajoute le Front El Moustakbel (FM) de Abdelaziz Belaïd, représenté par le député Khaled Tazagart, qui est venu à la tête d’un groupe de militants — sont fidèles au rendez-vous. Dans la grande cour, Nordine Aït Hamouda est entouré de quelques visiteurs et échange des sympathies avec l’ex-cadre du RCD et néanmoins élu sur une liste indépendante aux récentes législatives, Braham Bennadji.

Les visiteurs, venus des quatre coins du pays, sillonnent les différentes parties du musée à la découverte des documents historiques, des photos datant de la Révolution, des débris d’avions abattus par les moudjahidine  dans la région de la Soummam et des livres relatant l’histoire de l’Algérie à la bibliothèque. Aziz, 23 ans, une casquette flanquée du sigle FFS sur la tête, est venu de Sétif. «On m’a offert cette casquette à l’entrée. Non, je ne suis partisan d’aucun parti politique. Nous sommes venus en groupe d’amis pour découvrir ce lieu et nous rapprocher des gens qui ont vraiment vécu la guerre et les écouter», souhaite-t-il. Mais Aziz a eu droit à des discours politiques, une cérémonie officielle, folklorique et une faune d’accros aux photos selfies, entre autres.

Pendant que les animateurs du FFS tenaient leur meeting, une vingtaine de militants du MPA se recueillaient devant la stèle commémorative du musée. Ils ont été suivis par les rappelés de l’armée. Ces derniers sont venus pour exprimer leur appartenance à cette génération de combattants qui ont lutté pour le salut de l’Algérie, mais aussi contre le terrorisme islamiste entre 1995 et 1999.

A ce propos, Cherif Takorabt, porte-parole des rappelés de l’armée, nous a déclaré : «Nous profitons également de cette occasion pour réitérer nos revendications qui consistent à faire profiter tous les rappelés des avantages dans le cadre des pensions militaires, mais aussi les veuves et les enfants de nos camarades tombés sous les balles des islamistes dans les maquis.» Et d’ajouter : «Nous nous sommes attelés ces derniers temps à faire intégrer notre organisation dans un cadre légal afin qu’on puisse activer dans un cadre structuré et ainsi mieux défendre ces gens qui nous font confiance.»

Après le «retrait» du «groupe» de Cherif Takorabt, c’est au tour des militants du RCD, à leur tête le président du bureau régional, Mohamed Labdouci, et les députés de la région de Béjaïa de se recueillir en déposant une gerbe de fleurs au pied de la stèle commémorative. En marge de ce recueillement marqué de sobriété chez le RCD, le président du bureau régional a estimé, dans une déclaration à El Watan, que «ce lieu évoque un espoir.

Car la réflexion des congressistes, à l’époque, était orientée vers la construction d’une République démocratique et sociale, mais le clan qui dirige le pays depuis 1962 en a décidé autrement en confisquant l’indépendance». Pour ce jeune militant, «le devoir de la nouvelle génération est de reprendre le flambeau afin de réaliser le vœu des hommes qui avaient engagé ce projet inachevé, d’autant que notre formation politique s’inspire dans ses documents et son engagement de la Déclaration du 1er Novembre ainsi que des résolutions du Congrès de la Soummam». La journée du recueillement tire à sa fin. De l’extérieur, un chant traditionnel décrivant les atrocités de la guerre et glorifiant les combattants tombés au champ d’honneur déchire le ciel d’Ifri.

Des dizaines de femmes, toutes de robes kabyles vêtues, ont organisé une procession vers le site. Des veuves de moudjahidine, des jeunes filles chantent, ou plutôt pleurent des achewiqs émouvants. Interrogée par nos soins, l’une des vieilles femmes, 70 ans, dira : «Nous n’avons jamais attendu le 20 août pour venir nous recueillir. Personnellement, je viens à chaque fois que j’en ressens le besoin. Et je passe beaucoup de temps à contempler les photos de mon père aux côtés de ses frères d’armes, mort au combat, alors que je n’étais âgée que d’un an.»

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Les jeunes tournent le dos aux partis politiques

La dépolitisation de la société s’accentue. Les jeunes, plus importante frange de la population, restent en marge de la vie politique du pays.
C’est ce que confirme un sondage d’opinion sur la jeunesse et la politique réalisé, après les élections législatives du 4 mai dernier, par l’association Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) avec l’aide du consultant Ahmed Halfaoui. En effet, selon cette enquête réalisée entre le 25 mai et le 15 juin 2017 sur un échantillon de 1462 personnes représentant 41 wilayas, l’engagement des jeunes dans les partis et les associations reste insignifiant. «Seulement 1% des jeunes disent être adhérents d’un parti politique et 3% affirment avoir participé à une activité d’un parti», lit-on dans cette étude rendue publique lors d’une conférence de presse, tenue hier à Alger.

Les résultats de l’étude devront donner à réfléchir à tous les partis politiques puisque les jeunes se sont montrés également méfiants à leur égard. «En termes d’opinion sur les partis, plus de 43% des réponses sont négatives et 30% des enquêtés n’ont pas de réponse», souligne aussi le rapport. Le mouvement associatif ne capte pas aussi l’intérêt des jeunes qui ne participent que très peu aux activités organisées par les associations. «Les jeunes participent très peu à la vie dans le mouvement associatif. Ils ne sont que 2,5% à adhérer à des associations, alors que 81% avouent qu’ils n’ont jamais participé à une activité d’une association», ajoute-t-on dans le rapport détaillant les résultats de l’enquête.

Selon la même étude, les adhésions aux associations se limitent aux domaines sportif, culturel et de bienfaisance. «Parmi les adhérents, 41% le sont au sein d’associations socioculturelles, 23% au sein d’associations sportives et 31% au sein d’associations de bienfaisance», précise la même source. Mais l’opinion des jeunes sur les associations reste globalement positive. Cet avis est exprimé par 62% des sondés. 12% seulement des jeunes ont exprimé un avis négatif. Les syndicats également ne drainent pas les foules. Seulement 0,2% des jeunes affirment avoir adhéré à un syndicat, même leur opinion sur les syndicats est généralement positive.

Vision très négative du Parlement

Le sondage ayant concerné les élections législatives, les jeunes interrogés ont exprimé leur avis sur le Parlement et son utilité. Pour eux, le bilan du Parlement sortant était négatif (selon 57% des interviewés). Seulement 15% des jeunes ont une opinion positive vis-à-vis de ce dernier. Mais ce qui est encore plus inquiétant, c’est que les jeunes ne comprennent pas le rôle du Parlement.

C’est pourquoi, peut-être, qu’ils n’attendent rien des députés. «Plus de 41% des sondés disent qu’ils n’attendent rien du Parlement et 28% qu’ils ne savent pas. Seulement 10,7% déclarent attendre le changement et 7% espèrent trouver du travail», précise-t-on dans le même document. Pis encore, «37% des jeunes interrogés pensent que l’institution législative est inutile, contre 27,5% qui jugent qu’elle est très utile».

«On remarque qu’il y a même une régression par rapport aux résultats obtenus lors de l’enquête réalisée en 2012. Certes, le pouvoir cherche à éloigner les jeunes de la vie politique, mais les partis doivent revoir leur stratégie», précise Abdelouahab Fersaoui, président de RAJ, affirmant que son association prendra en considération ces résultats et adaptera ses actions. Selon Ahmed Halfaoui, le sondage «est le seul outil valable permettant de connaître l’opinion publique». «Les partis, les associations et les médias doivent s’intéresser à cet outil. Les pouvoirs publics ne font aucune action sans passer par un sondage», précise-t-il.

Les élections locales attirent

Concernant l’attitude des jeunes lors des élections, l’étude fait ressortir que les élections locales enregistrent les plus fort taux de participation, avec 45,1%. Les présidentielles et les législatives enregistrent moins d’adhésion des jeunes avec respectivement 40,6% et 37,8%. Par région, ce sont les jeunes du Sud qui votent le plus, confirmant ainsi les chiffres habituels sur le taux participation aux différentes élections. Mais les choix du vote ne reposent, selon l’enquête, pratiquement sur aucune conviction et conscience politique. « Les principales motivations du vote invoquées sont l’amour du pays/devoir avec 40,5% et l’espoir de changement avec 12%. En revanche, 6,7% des interrogés n’évoquent aucune motivation particulière», soulignent aussi les auteurs de l’étude.

 

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«L’oligarchie qui impose son agenda à l’Etat n’a jamais accepté la construction d’un Etat démocratique et social»

Comme à ses habitudes, le Front des forces socialistes (FFS) a tenu son meeting populaire dans l’enceinte du musée du Congrès de la Soummam, sis au village Ifri, dans la commune d’Ouzellaguène, à 70 km au sud de Béjaïa.
D’emblée, le secrétaire national du FFS, Mohamed Hadj Djilani, a estimé que le Congrès de la Soummam est «un événement historique déterminant dans l’histoire contemporaine de l’Algérie». En insistant sur le fondement social de la Révolution qui «s’avère nécessaire en ces temps de révisionnisme», il a rappelé dans son discours que le référent de son parti «est la Plateforme du Congrès de la Soummam ainsi que le Mouvement national où la Proclamation du 1er Novembre a appelé à la construction d’un Etat démocratique et social». A cet effet, le FFS a fustigé le pouvoir qui continue d’ignorer les enseignements de la Plate-forme de la Soummam et les principes du Congrès : la primauté du politique sur le militaire et l’Etat démocratique et social.

«Le régime en place, aujourd’hui comme ce fut le cas au lendemain de l’indépendance, continue par sa gestion autoritaire et unilatérale des affaires de l’Etat de remettre en cause ces nobles principes et faisant fi des espoirs et des aspirations de tout un peuple», observe-t-il. Faisant le lien entre ces principes et le mode de gestion du pouvoir, l’orateur dira que «quand nous disons primauté du politique sur le militaire et Etat démocratique et social, nous nous retrouvons confrontés à l’actualité la plus immédiate : le renvoi d’un gouvernement au bout de 3 mois, par ceux-là mêmes qui l’ont nommé et lui ont donné sa feuille de route, pour se plier aux volontés de l’oligarchie. Ajoutons à cela le cafouillage accablant, l’indifférence et la provocation dans la gestion des affaires de l’Etat par le pouvoir en place».

Pour le FFS, la gestion du pouvoir marquée de «cafouillage, les mascarades à répétition qui accompagnent chaque remaniement gouvernemental et les différentes décisions prises par le pouvoir démontrent l’incapacité caractérisée du régime de ramener de l’ordre dans sa propre maison». A l’origine de cette anarchie, «les luttes claniques intestines et la course effrénée des forces prédatrices pour le partage de la rente et le bradage des richesses nationales». Un fait qui constitue pour le parti de feu Hocine Aït Ahmed «un danger sur la pérennité et la souveraineté de l’Etat-nation et le délitement des institutions affecte les plus hautes sphères de l’Etat, dans un contexte marqué par l’aggravation de la crise multidimensionnelle et la multiplication des dangers extérieurs». Hadj Djilani, qui considère que la situation est grave, avertit avant d’appeler à opérer un changement pacifique et démocratique. 

«Ceci risque de porter préjudice à la sécurité et à la stabilité du pays et pourra conduire à des troubles majeurs que personne n’aura la capacité de maîtriser, si le pouvoir continue dans sa gestion autoritaire et unilatérale du pays», prévient-il. Et d’ajouter : «L’heure est venue pour opérer en urgence un changement pacifique et démocratique dans le pays afin d’éviter ces scénarios catastrophe.» Analysant l’actualité qui anime cet été, Hadj Djilani estime que «par ses coups d’Etat à répétition, le pouvoir a de tout temps tenu à maintenir loin des Algériens le principe de la primauté du politique sur le militaire par la mise à l’écart du politique, c’est-à-dire l’organisation démocratique du peuple pour la défense de ses intérêts, car l’oligarchie rentière, prédatrice et arrogante qui impose aujourd’hui son agenda à l’Etat, n’a jamais accepté le principe de la construction d’un Etat démocratique et social».
 

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