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Les premiers véhicules DZ chez les clients dès août

L’usine Sovac Production multimarque en partenariat avec le groupe Volkswagen a été inaugurée, hier en grande pompe, dans la zone industrielle Sidi Khettab, à Relizane, en présence du patron de la marque Volkswagen, Herbert Diess.
La cérémonie était grandiose. Elle s’est déroulée en présence du ministre du Commerce, qui a représenté le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, les walis de Relizane, de Motaganem et d’Oran, des représentants des ambassades d’Allemagne, d’Espagne et de République tchèque, de Grande-Bretagne, de l’Union européenne, des marques Seat, Skoda, ainsi que des partenaires et collaborateurs dans l’automobile.

Cette usine, pour laquelle Sovac SPA est actionnaire majoritaire, est dotée de quatre lignes d’assemblage et permet de produire quotidiennement jusqu’à 200 véhicules des modèles Volkswagen Golf, Volkswagen Caddy, Seat Ibiza et Škoda Octavia, nous a-t-on expliqué lors de la visite du site où sont montés les quatre modèles.

A partir de 2018, la production locale sera étendue aux modèles Volkswagen Polo et Škoda Fabia. Intervenant à cette occasion,  le président du directoire de la marque Volkswagen et membre du directoire du groupe Volkswagen, Dr Herbert Diess, a, après avoir rappelé que Volkswagen est l’un des leaders mondiaux, estimé que «le marché africain est important et celui de l’Algérie offre de plus grandes opportunités». «Votre pays est riche en matières premières» a-t-il lancé. «Le continent africain offre de grandes opportunités de développement pour le groupe Volkswagen.

Grâce à notre nouvelle usine en Algérie, nous développerons avec notre partenaire Sovac la présence des marques du groupe en Afrique du Nord. Nous apporterons des technologies de pointe en Afrique, notamment avec la Golf de Volkswagen. La marque Volkswagen peut désormais écrire une nouvelle histoire à succès en Afrique», a-t-il poursuivi. Avant d’ajouter : «Avec cette usine, on va écrire une nouvelle page d’histoire dans nos relations.»

Le président-directeur général de Sovac s’est dit, pour sa part, «très fier» de ce partenariat avec l’un des plus grands constructeurs automobiles au monde, en l’occurrence le groupe Volkswagen. Mourad Oulmi a adressé des «remerciements» au gouvernement pour avoir partagé «la stratégie» et d’avoir cru à ce partenariat. «Aujourd’hui commence une nouvelle ère pour notre partenariat. Sovac Production fait désormais partie intégrante du groupe et, ensemble, nous créerons un réseau industriel dans lequel nous construirons non seulement des véhicules, mais aussi une structure d’approvisionnement qui répondra aux exigences de la production locale», a-t-il déclaré.

Partenariat

L’orateur annonce, à ce titre, la construction à partir de 2018 d’une zone d’activité composée d’une dizaine de hangars et où seront accueillis les futurs sous-traitants. Le ministre du Commerce, Ahmed Saci, a insisté sur le passage de l’étape de montage à celle de la construction. «Nous sommes convaincus que l’Algérie est un allié et un partenaire fiable dans ce partenariat.» «Ce partenariat est une base d’acquisition de technologie et grâce auquel on va être exportateur», a-t-il ajouté, insistant sur la création de richesses et d’emplois.

Cela dit,  près de 550 collaborateurs travaillent actuellement dans cette nouvelle usine. Selon des  prévisions, à long terme,  1800 postes d’emploi pourraient être créés dans l’usine de Relizane. L’usine, aboutissement d’un accord de partenariat signé en novembre 2016 par les responsables du groupe allemand et le PDG de Sovac, en présence de l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Bouchouareb, prévoit une capacité de production pour la première année de 12 000 véhicules et d’évoluer progressivement à 100 000 unités/an à l’horizon 2020.

Il s’agit d’un investissement de près de 170 millions d’euros avec une prévision de taux d’intégration de 15% en 2017 et de 40% dans cinq ans.  A noter que depuis hier, les modèles des véhicules produits sont exposés dans les showrooms de Sovac.

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Le casse-tête des subventions

Acculé par le recul brutal des recettes pétrolières, le gouvernement s’apprête à revoir la politique des suvbventions avec le risque de déstabiliser la fameuse paix sociale.
La chute des prix du pétrole, qui reste sous la barre des 50 dollars, relance le débat sur la pertinence des subventions à l’énergie et sur la nécessité d’entreprendre sereinement des réformes avant d’y être contraint par la force des choses. Une démarche que le gouvernement entend suivre selon ce qui ressort de l’ébauche de son plan d’action adopté récemment. Il est à savoir que le montant des subventions à l’énergie représente 50% des subventions publiques qui s’élèvent à environ 28 milliards de dollars pour l’année 2016. Elles absorbent 30% du budget de l’Etat et plus 10% de son PIB.

Par ailleurs, selon les chiffres de la Banque mondiale, les subventions énergétiques représentent environ 1200 à 1500 milliards de dinars, soit près de 12 milliards de dollars. De ce fait, pour l’expert en économie d’énergie, Kamel Aït Cherif, «la forte dépendance de l’Algérie à l’égard des recettes pétrolières, qui sont volatiles, imprévisibles et appelées à tarir, complique considérablement les politiques budgétaires nationales». Pour y faire face, l’Algérie doit faire un choix difficile.

Il s’agit pour le gouvernement de savoir s’il faut continuer à dépenser plus en subventions à l’énergie pour permettre aux citoyens d’avoir une énergie bon marché, ou diminuer, voire éliminer, les subventions et laisser le marché s’autoréguler. Pour M. Aït Cherif, l’augmentation de la consommation nationale d’énergie en Algérie est beaucoup plus encouragée par les prix bas de l’énergie que par la poussée démographique.

Pour lui, l’augmentation des prix de l’énergie est inévitable, mais la question qui reste posée est celle de savoir comment réussir une réforme des subventions qui créent des distorsions sur les marchés, grèvent dangereusement les budgets de l’Etat, poussent à la surconsommation d’énergie, favorisent la contrebande, génèrent des externalités dommageables à l’environnement, et renforcent les inégalités sociales qu’elles sont supposées corriger.

L’idée selon laquelle une énergie bon marché n’a que des avantages pour les utilisateurs est ainsi de plus en plus remise en cause, puisqu’une énergie bon marché n’incite pas aux économies d’énergie, ni à la fabrication de produits peu gourmands en énergie. Selon l’expert, il est aussi douteux de dire que l’énergie bon marché soutient le développement économique, de même qu’il a été démontré que l’intensité énergétique augmente avec les subventions à l’énergie.

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Le bac gagne des points

Les filles représentent 65,03% des lauréats à ces épreuves.
Le taux de réussite aux épreuves du baccalauréat a atteint 56,07%. Ce taux concerne uniquement les candidats scolarisés et englobe les résultats des deux sessions de 2017. Le taux était de 49,79% lors de la session de 2016. Le taux de réussite chez les candidats libres a atteint 47,44%, a annoncé hier Nedjadi Messeguem, inspecteur général au ministère de l’Education nationale, lors d’une conférence de presse consacrée aux résultats. Sur les 761 740 candidats inscrits, 656 540 ont passé les épreuves, rappelle le même responsable.

L’augmentation perceptible du taux de réussite revient, selon le responsable, à «la stabilité et aux bonnes conditions ayant caractérisé l’année scolaire écoulée». La filière mathématiques détient la palme du classement par filières, avec un taux de réussite de 68,70% cette année, contre 63% en 2016. La filière des sciences expérimentales se classe en 2e position avec 62,51% de taux de réussite, contre 52,98% en 2016.

Les filières techniques arrivent troisièmes (53,12%), suivies des lettres et philosophie avec 52,09%, puis de la filière gestion et économie avec 50,72%. La filière des langues étrangères a enregistré un taux de réussite de 47,18%. Selon les chiffres avancés par le même responsable, les filles représentent 65,03% des lauréats à ces épreuves, alors que ce taux était 66,21% en 2016.

M. Messeguem a refusé de donner le taux de réussite enregistré lors de la session spéciale du 13 au 18 juillet à laquelle ont participé près de 20 000 candidats, sur plus de 104 000 concernés. «L’objectif de l’organisation de cette session spéciale est notre souci d’équité vis-à-vis des retardataires à la session de juin. On ne donne pas le taux de réussite séparément», argue-t-il. Le ministère ne veut pas non plus communiquer le classement des résultats par wilaya.

Le département de l’Education semble d’ailleurs gêné par les disparités dans les moyens dont disposent les différentes régions du pays, ce qui expliquerait donc la différence dans les résultats obtenus aux différents examens nationaux. «Nous ne voyons pas l’utilité de communiquer les résultats par wilaya, connaissant pertinemment la différence des moyens disponibles d’une région à une autre.

Il ne faut donc pas comparer l’incomparable. Qu’on ne me demande pas de comparer les résultats obtenus dans une wilaya du Nord à ceux d’une autre wilaya du Sud ou des Hauts-Plateaux», souligne M. Messeuguem, en colère, refusant de confirmer si la wilaya de Tizi Ouzou est en tête du classement national.«Nous sommes plutôt intéressés par le classement des établissements dans la même wilaya», s’est-il contenté de souligner.

C’est le même discours développé également par la ministre de l’Education, Nouria Benghabrit, qui, hier, sur les ondes de la Chaîne 3, a refusé d’entrer dans le détail de ce classement. La ministre explique l’augmentation du nombre des candidats ayant réussi à cet examen par une année «stable qui n’avait pas été perturbée comme les précédentes par des mouvements sociaux auxquels avaient appelé les syndicats d’enseignants». Mme Benghabrit a tenu également à souligner la «crédibilité» dont peut se prévaloir le baccalauréat de 2017. En raison, dit-elle, de l’absence de toute «fuite» des sujets, comme cela avait été le cas lors de la session précédente.
 

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Pourquoi tant d’impunité

Quel crédit peut-on accorder à la campagne contre la corruption que mène le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, sachant que de nombreuses affaires de dilapidation de deniers publics se sont terminées en queue de poisson et les personnalités impliquées ont été préservées, voire promues à des postes supérieurs dans les institutions de l’Etat ? Sommes-nous devant une chasse aux corrompus ou à ceux qui ont franchi la ligne rouge de la succession ?
Jamais l’Algérie n’a connu autant de scandales financiers que durant ces quinze dernières années sans que la justice, souvent très prompte à réagir lorsqu’il s’agit de délit d’opinion, ne joue son rôle. Les exemples sont nombreux et on pourrait citer les plus révélateurs. D’abord le scandale BRC, cette filiale créée par Sonatrach, avec le groupe américain Halliburton, au début des années 1990, dirigée depuis 1994 par Abdelmoumen Ould Kaddour, un jeune cadre qui avait fait ses études aux Etats-Unis, avant de rejoindre un bureau d’études de la Présidence spécialisé dans l’engineering et le développement.

Dès 2006, sur instruction de la Présidence, une enquête menée par les officiers du défunt service de la police judiciaire du DRS (Département de renseignement et de sécurité), dépendant du ministère de la Défense, mettait cette filiale, accusée d’avoir bénéficié d’un statut de privilégiée, pour arracher de nombreux marchés de gré à gré dans tous les domaines, y compris l’armée et d’avoir pratiqué la surfacturation. L’inspection des finances met les pieds dans le plat et les conclusions du rapport d’enquête est accablant. Le dossier est pris en charge par le tribunal de Bir Mourad Raïs, où l’instruction dure des mois, patine puis s’arrête.

Chakib Khelil, alors ministre de l’Energie, voyait mal l’immixtion des services dans la gestion de son département. Pour mieux préserver ses partenaires, il a carrément dissous la filiale, dont le responsable, Abdelmoumène Ould Kaddour, est vite rattrapé par une autre affaire. Les officiers du défunt DRS l’arrêtent pour le déférer devant le tribunal militaire de Blida, avec deux autres personnes, Adel Miloud et Mehdi Chetouh, un lieutenant du service d’écoute, pour «divulgation d’informations classées secret défense».

L’affaire tourne autour d’un enregistrement d’une conversation téléphonique entre Ould Kaddour et un officier des services libyens, que le lieutenant aurait téléchargée sur un flash-disc, remis au nommé Adel Miloud, lequel, à son tour, l’a donné à Ould Kaddour. Jugés le 26 novembre 2007, les trois accusés plaident l’innocence, mais le parquet a requis 7 ans de réclusion criminelle contre le militaire, 6 ans contre Adel Miloud et 5 ans contre Abdelmoumen Ould Kaddour, alors que le tribunal militaire prononce trois peines de réclusion criminelle : 30 mois contre Ould Kaddour, 5 ans contre le militaire et 3 ans contre Adel Miloud, un ami commun aux deux premiers.

Ould Kaddour n’introduit pas de pourvoi en cassation contre l’arrêt du tribunal, qui le rend coupable «de divulgation d’informations classées secret défense sans intension d’espionnage ou de trahison». Il reste en prison pendant 26 mois, avant qu’une personnalité de la guerre de Libération, très connue, n’intervienne auprès du président de la République pour le faire sortir au mois de mai 2010, au moment où Sonatrach était éclaboussée par un immense scandale de corruption, au centre duquel se trouvaient l’ancien PDG, Mohamed Meziane, et Chakib Khelil.

Privé de ses protecteurs et soutiens avérés, Ould Kaddour s’envole pour les pays du Golfe, précisément à Abou Dhabi, où il s’installe avec son épouse, enseignante de langue française et ses deux enfants, le temps de se faire oublier. Et pendant qu’Ould Kaddour était jugé par le tribunal militaire de Blida, le procès Khalifa fait la Une de tous les journaux.

Medelci, Sidi Saïd, Aboudjerra Soltani, Tayeb Belaïz et Abdelmoumène Khalifa

Les révélations sont fracassantes. Un ministre des Finances, Mourad Medelci, qui reconnaît ne pas avoir été suffisamment intelligeant pour décrypter le rapport de l’IGF faisant état de graves anomalies dans le dossier de Khalifa Bank, une longue liste de responsables des OPGI (Offices de promotion et de gestion immobilières), qui se cachent derrière une instruction du ministère pour retirer les fonds des banques publiques et les confier à Khalifa Bank, et des accusés qui racontent comment plus de 100 milliards de dinars appartenant aux déposants ont été détournés avec la complicité des plus hauts dirigeants du pays. Dans cette affaire, de nombreux noms sont cités par les accusés pour avoir profité des avantages offerts par Abdelmoumène Khalifa, en contrepartie de leur complicité, mais ils ont comparu comme témoins.

Parmi eux, ceux de l’ancien ministre de l’Industrie, Abdesselam Bouchouareb, l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Belaïz, l’ancien ministre de la Solidarité, Aboudjerra Soltani, l’ancien ministre de l’Habitat, Abdelmadjid Tebboune, le secrétaire général de l’Ugta, Abdelmadjid Sidi Saïd, etc. Durant la même période, une autre affaire de corruption au centre de laquelle se trouve l’ex-président de l’Association des zaouïas, Kaddour Gouaïche, l’ex-conseiller du président de la République, est au rôle du tribunal d’Alger.

Neuf personnes, entre autres le patron de la société italienne Estaldi, une secrétaire (à la retraite) du ministre de l’Hydraulique de l’époque, alors Abdelmalek Sellal, son secrétaire général, Mustapha Rahial, ainsi qu’un cadre du ministère des Finances étaient en détention et quatre autres en liberté provisoire. L’enquête des officiers du DRS les met en cause pour avoir aidé, en contrepartie de pots-de-vin, des sociétés étrangères à décrocher des marchés auprès des institutions de l’Etat, notamment l’hydraulique, la Présidence, l’armée et d’autres secteurs.

Gouaïche Kaddour, qui avait été libéré dans des conditions troublantes sans même que ses avocats n’en soient informés, a été condamné par défaut à 4 ans de prison, dont trois ans avec sursis, alors que Mustapha Rahial a écopé d’une année de prison ferme. Autre affaire, celle de la GCA (General des concessions agricoles), qui a éclaboussé l’ex-président de l’APN, Amar Saadani, propulsé secrétaire général du FLN. Plus de 3000 milliards de centimes ont été dilapidés des fonds destinés à la revalorisation des terres agricoles.

La justice a ouvert le dossier, mais seuls quelques lampistes ont été condamnés après plus de dix ans de détention préventive. Mais aucune enquête n’a été ouverte sur la fortune de Saadani à Alger et en France. Entre-temps, au mois de mai 2010, et alors qu’Ould Kaddour retrouvait la liberté, une quinzaine de cadres dirigeants de Sonatrach, dont le PDG, sont poursuivis, et à l’exception de ce dernier, la majorité est placée en détention. Appelée Sontrach 1, l’affaire a mis au-devant de la scène médiatico-politique la gestion suspicieuse de l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil, l’un des hommes proches du Président.

De nombreux contrats se comptant en milliards de dinars sentaient l’odeur de la corruption, et le nom de Khelil revenait dans la bouche de nombreux accusés, sans pour autant qu’il soit inquiété. Quelques semaines plus tôt, c’est le secteur des Travaux publics d’être éclaboussé par le scandale de l’autoroute Est-Ouest. De graves accusations sont portées contre le ministre de l’époque, Amar Ghoul, mais ce dernier reste imperturbable. Il ne sera même pas convoqué en tant que témoin par le juge, qui a préféré lui transmettre les questions par écrit.

Sellal, Rahial, Gouaïche, Ghoul, Khelil et le DRS

L’enquête menée par les éléments du DRS ne touche pas uniquement les travaux publics, mais également les transports et l’hydraulique, où l’on retrouve encore une fois le nom de Abdelmalek Sellal, en relation avec un ancien conseiller de Sarkozy, cité par un des mis en cause. Lors de l’instruction, l’affaire est recentrée autour de l’autoroute et des transports, où seuls les cadres sont convoqués. L’été 2013 éclate le scandale Sonatrach 2, après le retour des commissions rogatoires transmises par le juge en Italie. Les révélations sont hallucinantes.

Elles impliquent directement l’ancien ministre de l’Energie, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, lui son épouse et ses deux enfants. Il s’envole vers les Etats-Unis, le temps de se faire oublier. A l’automne 2013, la guerre autour du 4e mandat présidentiel fait rage au sommet. Le DRS est accusé d’avoir utilisé ces affaires de corruption pour empêcher le Président de briguer un autre mandat.

Une année après, le DRS devient la cible des attaques les plus virulentes et le service des enquêtes économique est dissous. Ses éléments sont «broyés» et beaucoup envoyés à la retraite ou mutés au fin fond du pays. Le ministre de la Justice, qui avait validé les poursuites contre Chakib Khelil, a été relevé et tous les cadres qui ont joué un rôle dans cette affaire mis au vert.

Les procès de Sonatrach 1 et de l’autoroute Est-ouest se transforment en tribune pour dénoncer les circonstances dans lesquelles les enquêtes ont été menées par les officiers du DRS. Quelque temps plus tard, Chakib Khelil est réhabilité. Il revient au pays par la grande porte.

Mustapha Rahial, après avoir été recyclé par Ali Haddad au sein de l’administration de USMA, est rappelé par le Premier ministre Abdelmalek Sellal comme directeur de cabinet, le statut de ministre hors cadre. Abdelmadjid Tebboune et Abdesselam Bouchouareb, tous deux faisant l’objet d’une poursuite judiciaire par la cour suprême, vu leur statut de ministre, bénéficient d’un non-lieu deux semaines avant leur nomination en tant que ministres dans le gouvernement de Abdelmalek Sellal.

Amar Ghoul est remercié avec le poste de sénateur du tiers présidentiel. Tayeb Belaïz se retrouve conseiller à la Présidence ; Chelghoum, le secrétaire général qui avait couvert les dossiers de la CGA, est nommé ministre de l’Agriculture, alors que Abdelmoumène Ould Kaddour est nommé à la tête de Sonatrach.

A la lumière de cet état de fait, il est difficile aujourd’hui de faire croire à l’opinion publique que le gouvernement de Abdelmadjid Tebboune est dans une logique de lutte contre la corruption. Toute oligarchie nourrie à l’argent des fonds publics n’aurait jamais été touchée si elle n’avait pas lorgné vers le rendez-vous électoral de 2019. Pour le cercle présidentiel, la succession est une ligne rouge à ne pas franchir.

Il l’a bien montré aussi bien en 2009 qu’en 2014, et il le fait rappeler aujourd’hui non seulement aux oligarques du FCE, et bien d’autres promus par Abdelmalek Sellal. La guerre n’est donc pas contre la corruption qui ronge tous les secteurs de l’économie, mais plutôt contre les corrompus qui ont osé franchir l’interdit. Le message est passé, mais faudra-t-il s’attendre à ce que la justice aille jusqu’au bout pour sanctionner ceux qui ont siphonné les fonds publics, mais aussi ceux qui les ont aidés et accompagnés pour le faire ? Le temps nous le dira…
   

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Sellal rendra-t-il des comptes ?

Fermes pilotes, foncier industriel, assemblage automobile, marchés publics… La gestion de l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal, est lourdement remise en cause par la nouvelle équipe gouvernementale.
Abdelmadjid Tebboune tente-t-il de rompre avec le style de son prédécesseur Abdelmalek Sellal ? Aspire-t-il à convaincre sur le terrain et gagner la bataille de l’opinion publique ? Pour bon nombre d’observateurs, cette démarche est nécessaire pour relooker l’image de l’Etat ternie par les bourdes de l’ancien Premier ministre et ses dérapages en tout genre et aussi pour redonner confiance aux citoyens.

Depuis sa nomination en 2012 à la tête de l’Exécutif, Sellal n’a jamais manqué une occasion de créer le buzz sur les réseaux sociaux en cumulant un nombre record de boutades. Utilisant un langage «simple» pour essayer de se rapprocher du peuple, Sellal néglige les caméras et se livre à cœur ouvert aux spectateurs en multipliant des bourdes linguistique, des blagues de mauvais goût et même des expressions de «rue». Sellal a cultivé des déclarations peu fructueuses pour l’image d’un Premier ministre.

En tout état de cause, la communication était contre-productive. De l’avis du politologue Mohamed Taibi, Sellal était le produit d’une administration de gouvernance et non d’une politique de gouvernance. «La politique de gouvernance demande de l’imagination et un combat pour mener à terme ses projets. Sellal n’avait pas le profil. Il était une accumulation d’anachronismes. Cette accumulation s’est traduite par l’affaiblissement de beaucoup de secteurs, notamment ceux de l’économie, de l’éducation et du monde du travail.»

Pour certains, Sellal n’a pas su ni pu délimiter son espace de décision, il était un peu partagé entre les vents et les courants et n’avait même pas la capacité de rectifier ses erreurs. Sellal a échoué aux yeux de l’opinion. Mieux, l’ancien Premier ministre a surtout commis, sur le plan économique, des bévues et des actes graves.

Il a signé des décisions et octroyé des marchés à des hommes d’affaires et des personnes «douteuses». Les exemples ne manquent pas dans ce sens, et en tête de liste figurent les 25 fermes pilotes affiliées à la SGP Gvapro à la suite d’une résolution signée le 3 mai dernier par Sellal, portant sur les projets de partenariats publics.

A la faveur de cette résolution adoptée par le Conseil des participations de l’Etat, des centaines d’hectares de terres agricoles ont été distribués «au profit de plusieurs hommes d’affaires». Aujourd’hui, des doutes planent au niveau du Premier ministère sur les arrière-pensées et les objectifs derrière cette décision. Des craintes aussi persistent sur «la possibilité de détournement de ces terres de leur vocation agricole», d’autant plus que «l’accord a profité essentiellement à des industriels».

En prenant les commandes de l’Exécutif, Abdelmadjid Tebboune a pris la décision, qualifiée de «salutaire», de geler l’affectation des réserves foncières agricoles destinées à la création de nouvelles exploitations agricoles et d’élevage, notamment les fermes pilotes associant des partenaires privés.

L’autre dossier sur lequel Sellal devrait s’expliquer, si la justice venait à faire son travail, est le fameux projet de l’industrie automobile. Un projet qui a été géré par l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb. Sellal, non seulement, n’a pas bloqué le projet lorsque des voix se sont élevées pour dénoncer cette grande arnaque, mais a fermé les yeux tout en protégeant certains concessionnaires. En ouvrant les dossiers de la déliquescence de la gouvernance de Sellal, Tebboune ira-t-il jusqu’au bout ?

Quel sort réserve-t-on dans ce cas à Sellal qui, de l’avis de tout le monde, a privilégié sa famille et son entourage proche ? Pour beaucoup, Sellal est intelligent et ne manquait pas de stratégie, il savait ce qu’il faisait, pourquoi et dans quel sens. Osera-t-on s’attaquer à Sellal ? Un homme du système et proche de la famille Bouteflika ? Attendons de voir l’évolution de la situation.

Pour l’heure, nous sommes dans une situation de recomposition du système et Tebboune essaye de renvoyer à l’opinion l’image d’un chef de l’Exécutif ayant une force de caractère et de la rigueur dans la décision. Il s’est attaqué en premier au patron des patrons, l’ami et proche du cercle du pouvoir. Mais l’opinion publique attend de lui des actions concrètes : l’ouverture des grands dossiers et d’en assumer les conséquences.
 

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