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Relooking au gouvernement

Un lifting au gouvernement. Fin de mission pour 14 ministres. Douze nouveau arrivent mais il y a moins de femmes dans l’équipe de Tebboun !
Le 18e gouvernement de l’ère Bouteflika, drivé par un Tebboune en bon connaisseur de la machine étatique, se condamne à une vie courte : la présidentielle de 2019 ou une disparition du chef de l’Etat marquent les limites biologiques de l’Exécutif. Quatre remarques principales sont nécessaires à une première lecture du casting esquissé à Zéralda.

L’asséchement de la ressource humaine du système, la tentative de technocratiser l’équipe gouvernementale, la volonté d’étouffer les confusions de la saga Sellal et une timide émergence de nouvelles têtes. L’assèchement de la ressource humaine se traduit, depuis le troisième mandat présidentiel, par le recours aux walis, comme principal vivier de compétence technocratique. Cette fois-ci, nous en avons quatre qui font leur entrée dans l’Exécutif Tebboune : les wali d’Oran, Annaba, Tlemcen et Blida.

Pourquoi l’administration ne pourrait «donner» d’autres compétences, malgré que, dans ce cas de figure, il est à noter que Ahmed Saci, wali de Tlemcen (et d’Adrar juste avant), nommé au Commerce, est un technocrate d’une grande qualité humaine en terme d’écoute et de compétence, selon certains de ses collaborateurs. On se souviendra de lui longtemps à Adrar et Bordj Badji Mokhtar ; lors des émeutes dans cette dernière localité, il a eu un rôle de négociateur à l’écoute de tout le monde. Parenthèse refermée, il faudrait décortiquer un peu plus cette tendance à recourir aux walis.

Pour le second point, les décideurs du moment, pour reprendre les termes de l’ex-général Rachid Benyelles, ont tenté de doser un peu de profils technocrates, des opérationnels qui sont au contact de la pratique quotidienne, comme le montre le choix aux ministères de la Santé, les Finances, le Travail, et la Communication : des cadres technocrates ou praticiens qui devront dorénavant être confrontés aux logiques politiques macro. Cela fonctionnera-t-il ?

Ensuite, nous avons cette volonté d’éviter les confusions, les tirs dans les pattes des uns et des autres : unifier par exemple le ministère des Affaires étrangères sous la coupe d’un seul homme, Abdelkader Messahel, et évincer ceux qui parlaient souvent hors du cadre de la discipline gouvernementale, comme un Hamid Grine qui parle de «spéculations», alors que son Premier ministre Sellal entame ses éphémères consultation !

Et il n’était pas à sa première fausse note. Ou lorsque Abdesselam Bouchouareb à l’Industrie et aux Mines  désavoue le regretté Bekhti Belaïb, au Commerce, sur la question de l’importation des véhicules de moins de trois ans. L’équipe gouvernementale n’est pas resserrée comme l’aurait voulu la logique d’une task force pour «rationnaliser» les dépenses (pour ne pas dire le mot officiellement tabou : «la rigueur»), mais elle paraît, sur le papier, assez maîtrisée par un PM investi des pouvoirs de Zéralda.

Dernier point : faire émerger de nouvelles têtes. On en retient deux et c’est assez significatif : Mokhtar Hasbellaoui à la Santé, médecin ORL, professeur, directeur de l’Institut national de santé publique, mais aussi Fatma-Zohra Zerouati, ancienne journaliste, du parti TAJ de Amar Ghoul, nommée à l’Environnement et aux Energies renouvelables.

Sans oublier le jeune Mahdjoub Bedda, aux Industries et des Mines : député FLN de Médéa, président de la commission finances à l’APN et assez critique sur le… projet Renault par exemple ! Ce cocktail fonctionnera-t-il à merveille ? Cela dépendra des capacités de Abdelmadjid Tebboune de coordonner toutes ces logiques diverses. En partie. Car nous sommes dans un système présidentiel qui se fragilise de manière conjoncturelle : les équilibres sont difficiles, les défis ne sont plus de la littérature et le temps presse, car 2019, c’est demain.
 

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Le pari difficile de Tebboune

Abdelmadjid Tebboune est depuis hier le nouveau Premier ministre. Sa nomination intervient moins de 24 heures après l’installation du président de l’APN, mettant ainsi fin à toutes les spéculations nourries ces derniers jours autour de la reconduction de Abdelmalek Sellal à la tête du gouvernement. L’ex-ministre de l’Habitat devrait constituer son gouvernement dans les tout prochains jours. D’aucuns avancent quelques changements de portefeuilles ministériels. Lesquels et selon quels critères ? La question reste posée.
Ni Abdelmalek Sellal ni Ahmed Ouyahia ! La chefferie du gouvernement a été confiée, finalement, à Abdelmadjid Tebboune. Une grosse surprise ! En effet, la présidence de la République a annoncé, hier après-midi, la nomination de l’actuel ministre de l’Habitat à la tête du Premier ministère en remplacement de Abdelmalek Sellal qui a présenté la démission de son gouvernement au chef de l’Etat.

«A la suite de la proclamation, par le Conseil constitutionnel, des résultats définitifs des élections législatives et de l’installation de la huitième législature de l’Assemblée populaire nationale, M. Abdelmalek Sellal, Premier ministre, a présenté ce jour à son Excellence, M. Abdelaziz Bouteflika, président de la République, sa démission et celle du gouvernement», lit-on dans un communiqué de la présidence, diffusé par l’APS. «Le président de la République a félicité Abdelmalek Sellal, Premier ministre sortant, et les membres du gouvernement pour le travail qu’ils ont accompli.

Conformément à l’article 91, alinéa 5 de la Constitution, le président de la République a, après consultation de la majorité parlementaire, nommé Abdelmadjid Tebboune, Premier ministre», indique la même source, précisant que le nouveau premier responsable de l’Exécutif prendra ses fonctions dès ce matin. En attendant la nomination du nouveau gouvernement, le chef de l’Etat, ajoute le communiqué de la Présidence, «a chargé les membres du gouvernement démissionnaire de vaquer aux affaires courantes de leurs secteurs respectifs». La désignation de Abdelmadjid Tebboune au poste de Premier ministre n’était pas, rappelons-le, prévue dans les «pronostics» des observateurs de la scène nationale.

Depuis les élections législatives du 4 mai dernier, les rumeurs évoquent tantôt la reconduction de Abdelmalek Sellal, tantôt son remplacement par le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia. Le désormais ex-Premier ministre avait même entamé des consultations avec des partis politiques en vue de la constitution du nouveau gouvernement.

Cette initiative a fait penser à de nombreux observateurs, y compris aux responsables des partis au pouvoir, que Abdelmalek Sellal allait être reconduit. Même le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, qui prétend être proche du président Bouteflika, avait affirmé que Sellal était maintenu. Il n’en est rien. Abdelmadjid Tebboune, dont le nom a été cité par le passé comme un prétendant au poste de Premier ministre, parvient ainsi à son objectif.

Quel gouvernement et pour quels objectifs ?

Le nouveau Premier ministre devra former son gouvernement dans les tout prochains jours, voire les prochaines heures. Mais quelle sera sa composante ? Il est fort probable que les partis au pouvoir, en l’occurrence le FLN et le RND, se tailleront la part du lion dans le staff de Abdelmadjid Tebboune.

Ayant obtenu la majorité des sièges à l’APN, ces deux formations ont toujours eu la majorité des postes dans le gouvernement. Le MPA de Amara Benyounès et TAJ de Amar Ghoul pourront aussi avoir quelques places dans la nouvelle équipe gouvernementale qui sera appelée à trouver des solutions à la crise économique actuelle qui s’exacerbe de plus en plus.

Trouvera-t-il des profils en mesure de booster les secteurs qualifiés de stratégiques, en l’occurrence le tourisme, l’agriculture et l’industrie ? Le nouveau Premier ministre débloquera-t-il la situation dans le secteur des BTPH, où les chantiers sont à l’arrêt en raison de la rareté des ressources financières ? En tout cas, le pari s’annonce difficile pour le prochain gouvernement.

Et pour cause, les recettes pétrolières n’augmenteront pas de sitôt, d’autant que les cours du pétrole tardent à rebondir sur le marché international. Ce qui constitue déjà un handicap pour l’Exécutif qui tente de diversifier l’économie nationale et sortir définitivement de la dépendance des hydrocarbures.
 

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Quelle marge de manœuvre pour la nouvelle APN ?

Trois candidats étaient en lice, hier, avec celui du FLN, Saïd Bouhadja, pour briguer le poste de président de l’APN.
Même si tout le monde sait que Saïd Bouhadja – qui était déjà dans ce costume hier – avait raflé la majorité absolue avec les voix des partis de l’alliance présidentielle, les autres candidats ont voulu, par leur participation, briser la pratique du plébiscite en passant au scrutin à bulletin secret pour la désignation du 3e homme de l’Etat. Hier, l’ambiance au Parlement était bien particulière.

Certains députés semblent perdus dans un monde où ils font leur entrée pour la première fois, d’autres, très à l’aise, ne cessent de s’échanger les salutations et font des va-et-vient. C’était hier matin, au siège de l’Assemblée populaire nationale, lors de la séance d’installation officielle de l’APN.

Tous partagent les mêmes préoccupations et trouvent que l’actuelle législature diffère de toutes celles qui l’ont précédée. Il est déjà 9h30, et les halls de l’hémicycle sont toujours encombrés, empestent l’odeur de la cigarette, alors que devant le comptoir de la cafétéria, députés et journalistes se bousculent pour un gobelet d’eau fraîche, de café ou de thé bien chaud. Les ministres-députés sont les plus sollicités. Comme des stars, ils sont harcelés par les nombreux journalistes, notamment des chaînes de télévision privées.

Certains, comme Abdelmadjid Menasra, Tahar Khaoua, ou encore Tahar Hadjar sont prolixes, d’autres, comme Mohamed Djellab ou Sid Ahmed Ferroukhi se font plus discrets et évitent les déclarations publiques. Les discussions sur le prochain gouvernement sont évitées comme la peste. Aucun des ministres n’a voulu s’exprimer sur cette question, laissant transparaître une incertitude quant à l’avenir immédiat. Parmi les récipiendaires, beaucoup de jeunes, mais aussi de moins jeunes, ainsi que pas moins de 80 chefs d’entreprise. Peu nombreuses, les femmes sont moins visibles.

Certaines sont accompagnées de leurs époux ou membres de leur famille. «Normal», nous dit une députée de Tébessa. «Pour la première fois, il y a toujours l’époux ou la famille qui est derrière pour nous encourager. Après, c’est autre chose», dit-elle. Nous nous approchons de quelques députés pour comprendre quel rôle peuvent-ils jouer dans une Assemblée mal élue.

Universitaire, à peine la cinquantaine, Slimane Chenine, un ancien militant du MSP, converti en journaliste, élu sur la liste de l’alliance «Bina-Adala», estime qu’une «forte frange de la composante actuelle est rompue à la politique et a des idées très intéressantes. Je suis un fervent défenseur du pluralisme. Le pays est devant un dilemme: une légitimité boiteuse ou rien. Ce rien mène inévitablement à la chute du pays. Personne n’a intérêt à arriver à une telle situation. Alors, composons avec une légitimité boiteuse, parce que nous nous ne sommes pas dans une logique de confrontation. Je sais qu’avec beaucoup d’autres députés, nous pouvons apporter un plus».

«N’anticipez pas sur les choses»

Très actif, Tahar Khaoua, qui entame son quatrième mandat de député du FLN, ne cesse d’être sollicité par les journalistes. Très politisé, il se projette déjà dans «les prochaines réformes» en disant qu’ «elles doivent être poursuivies, puisqu’elles émanent de la nouvelle Constitution». Sur les difficultés économiques du pays, l’ancien ministre déclare : «Vous anticipez sur les choses.» Cependant, il estime qu’il faut «impérativement renforcer la démocratie. Nous ferons en sorte que le Haut conseil de la jeunesse soit installé pour prendre en charge les problèmes des jeunes, que la place de la femme au sein de la société soit meilleure et que l’économie du pays soit diversifiée.» Pour Khaoua, «les partis qui contestent la légitimité des élections sont présents à cette assemblée. Cela veut dire qu’ils ont accepté les résultats».

Un peu moins optimiste, Seddik Chiheb, élu pour la troisième fois en tant que député RND, estime quant à lui, que «l’Assemblée doit se faire valoir auprès des citoyens afin de réhabiliter son rôle, en général et celui du député en particulier». Le député ne s’attend pas à un mandat facile. «Cette législature sera très difficile. Il faut qu’elle arrive à convaincre la population», dit-il, avant que le son strident de la cloche n’appelle les députés à pénétrer dans l’hémicycle. Avec sa tenue traditionnelle du sud du pays, Mohamed Laiza, 43 ans, est député de Illizi. Son avis tranche avec ceux de ses prédécesseurs. «Ce mandat sera plus difficile. Mais il y a des Algériens qui ont voté pour nous, parce qu’ils croient en nous. Nous devons être en mesure de donner des solutions à travers des projets de loi». Députée RND de la zone de Tunisie, Amira Salim, abonde dans le même sens. Elle trouve cette législature «très difficile» par rapport à celle de 2012, qu’elle a eu à exercer. Cependant, elle trouve que les nouvelles dispositions de la Constitution ont permis «des surprises» lors des élections.

«La candidature de Saïd Bouhadja est un mauvais présage »

Avocate du RCD, Lila Hadjarab, entame son deuxième mandat. L’urgence selon elle, «c’est de constituer un groupe parlementaire pour faire des propositions de loi. Le Parlement est une tribune. Nous avons des solutions aux problèmes du pays que nous voulons partager». Lui emboîtant le pas, Yassine Aissiouane, tête de liste du même parti à Tizi Ouzou, est plus précis. Il annonce que les députés du RCD «comptent demander une enquête parlementaire sur la gestion de la résidence d’Etat Sahel (Club des Pins), proposer une loi sur la limitation de l’immunité parlementaire et aider à résoudre les problèmes de la population». Me Fetta Sadat entre pour la première fois à l’Assemblée avec la casquette du RCD. Elle semble très déçue par la candidature de Saïd Bouhadja, au poste de président de l’APN.

«C’est un mauvais présage. Ce qui nous attend est ardu». Les députés se dirigent vers l’hémicycle et les halls se vident. L’ancien ministre, Abdelmadjid Menasra, connaît très bien l’Assemblée pour avoir été député de 1994 à 2012. Il revient sous la bannière de l’alliance Front du changement-MSP. Il estime que l’actuelle législature «est différente et meilleure du point de vue du nombre de partis et des nouvelles dispositions de la Constitution qui donnent de nouveaux acquis».

Professeur à l’université converti en chef d’entreprise, le député FLN de Tlemcen, Denouni, se dit très «satisfait». Selon lui, «il y a beaucoup de jeunes compétences qui vont faire la différence au sein de l’Assemblée. Je refuse qu’on parle de crise. L’Algérie est riche par ses hommes et certains sont là. Ils peuvent contribuer à l’effort de développement pour peu qu’on les laisse travailler. Ils ont une grande volonté». Les couloirs commencent à se vider. Les députés sont déjà installés. Le cafouillage dans les emplacements est réglé. Saïd Bouhadja, candidat du FLN à la présidence de l’Assemblée et doyen des députés, préside la séance, assisté par les deux plus jeunes parlementaires, qu’il dépasse de 54 ans d’âge. Il est bien assis sur sa chaise haute et donne l’impression d’être déjà dans son rôle de président. Il dirige la séance. L’appel des députés commence. Quatre manquent au décompte qui se poursuit durant 30 minutes.

Puis, c’est la composition de la commission chargée de validation des membres de l’Assemblée. La séance est suspendue pour reprendre vers 15h50. Tahar Khaoua prend la parole pour annoncer la candidature de Saïd Bouhadja au nom du FLN, sous les applaudissements. Le député Nacer Hamdadouche du MSP qui, lui, présente comme candidat l’ancien ministre, Smail Mimoune, tête de liste de M’sila, même région que Makri. Il était question qu’il soit soutenu par le PT, mais ce parti s’est rétracté à la dernière minute. Le député de l’alliance Adala-Bina présente, quant à lui, le député Lakhdar Benkhellaf au poste de président de l’APN, et le RCD annonce la candidature de Nora Ouali, pour le même poste. Les représentants du RND, MPA, TAJ, PNSD, ANR et des indépendants expriment tous leur soutien au candidat du FLN, sous de fortes ovations.

Le FFS, par la voix de Chafaa Bouaiche a annoncé que son parti s’abstient de participer à cette élection, mais «continuera à se battre pour un Etat de droit». La désignation du président de l’Assemblée passe par l’urne. Saïd Bouhadja, visiblement bien calé dans sa chaise, ne veut pas se lever. Ce qui irrite quelques députés, notamment du PT. «Le règlement vous oblige à quitter la tribune», lance Taazibt, du Parti des travailleurs. Un brouhaha indescriptible s’empare de la salle et des ovations fusent de partout comme pour chahuter les réclamations. Saïd Bouhadja calme le jeu. «Je vais partir. Les jeunes députés vont diriger l’opération», dit-il sous les applaudissements nourris des députés du FLN. L’opération débute à 17h00. Dès le début, une altercation verbale éclate entre le député du MSP, Nacer Hamdadouche et celui du FLN, Mahdjoub Bedda, après que ce dernier eut pris un seul bulletin, au lieu des quatre comme le précise le règlement. A 19h15, le dépouillement a commencé. Les résultats sont attendus vers 20h….

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Graves révélations des syndicalistes de Rouiba

Les syndicalistes de la zone industrielle de Rouiba ont tenu un point de presse, hier, pour exposer et dénoncer des cas de pratiques douteuses qui marginalisent les entreprises publiques. Des marchés auraient été ainsi retirés à des opérateurs publics, dont certains emploient des centaines d’ouvriers, pour être confiés à des privés sans moyens et sans qualifications.
Certains organismes de l’Etat fonctionnent aux antipodes des politiques et des orientations du gouvernement. «On nous gave de discours appelant au soutien et à la préservation des entreprises publiques par-ci, mais on fait le contraire par-là», s’est écrié hier M. Messaoudi, le secrétaire général de l’union locale UGTA de Rouiba, lors d’un point de presse. «Cette conférence a été tenue pour vous expliquer comment on asphyxie les entreprises publiques et les contraindre à compresser leurs effectifs. Il y a des marchés qui ont été octroyés à des entreprises privées pour des montants qui dépassent ceux proposés par les entreprises publiques», a-t-il dénoncé d’emblée.

Ainsi, malgré le contexte de crise financière que traverse le pays, de nombreuses entreprises publiques continuent, selon lui, à faire les frais «de pratiques douteuses et antinationales» de certains responsables de l’Etat. Des responsables qui, semble-t-il, éprouvent une aversion injustifiée à tout ce qui relève du secteur public. Le cas de l’Entreprise nationale de réalisation des grands travaux hydrauliques (Enrgth) de Annaba est illustratif à plus d’un titre.

Pratiques douteuses

Selon les documents présentés par les syndicalistes, cette entreprise qui emploie 2311 personnes a été privée d’un marché de plus de 4000 millions de dinars en février dernier, alors qu’elle remplissait toutes les conditions pour l’obtenir. Le marché porte sur la réalisation de travaux d’hydro-aménagement de la plaine de Skikda. Un projet chapeauté par l’Office national d’irrigation et de drainage (Onid).

Forte de son expérience dans le domaine et des moyens humains et matériels, l’Enrgth nourrissait de grands espoirs de «rafler le marché afin de respirer financièrement» et pouvoir payer ses employés qui restent sans salaires depuis deux mois à cause du manque de crédits. Hélas, le résultat était décevant. «Bien qu’elle ait présenté la meilleure offre financière estimée à plus de 4300 millions de dinars, le marché a été octroyé  à une entreprise privée qui n’a aucune expérience dans le domaine», révèle M. Messaoudi avec des preuves à l’appui. Pire, lors de l’ouverture des plis le 28 décembre 2016, cette dernière était classée à la 3e place avec une offre de 4490 millions de dinars.

Elle était devancée par l’entreprise publique Hydo-aménagement de Rouiba. Celle-ci a soumissionné pour 4444 millions de dinars. «Mais tout s’est joué dans les coulisses. A la dernière minute, on a dit que l’entreprise privée a fait une lettre de rabais lors de l’ouverture des plis. Or, cette lettre n’a jamais existé et on l’a évoquée lors de l’attribution provisoire du marché le 28 février dernier. L’entreprise privée a réduit son offre de 220 millions environ.

Ce qui lui a permis de se classer à la première place», informe un travailleur de l’Enrgth, joint au téléphone, dénonçant «la non-application des orientations du Premier ministre qui a toujours appelé à favoriser les entreprises publiques dans l’octroi des marchés». «Notre société est classée dans la catégorie 9. Nous avons réalisé de grands projets d’irrigation et d’AEP dans les wilayas de Annaba, Oum El Bouaghi, Chlef, Guelma, Tlemcen, Bouira, etc.

Aujourd’hui, on traverse une situation des plus difficiles. Il y a quelques jours, on a été contraints d’hypothéquer nos actifs pour obtenir un crédit auprès de la banque CPA pour payer les travailleurs avant ce mois de Ramadhan. On est asphyxiés. Si ça continue ainsi, on va se croiser les bras, car nous n’avons aucun plan de charge», a-t-il indiqué. Selon lui, il n’y a aucune raison justifiant l’octroi du projet à l’entreprise privée, précisant que celle-ci est spécialisée dans la fabrication de tuyaux. «Là où le bât blesse est qu’elle n’a aucune expérience dans le domaine de l’irrigation», s’indigne-t-il.

L’autre exemple qui suscite des interrogations est «la mésaventure» vécue par l’entreprise hydrotechnique de Rouiba. Une société étatique qui emploie 1800 travailleurs et qui détient plus de 3000 millions de dinars auprès de l’Etat. Elle aussi aurait été exclue, en février dernier, de manière sujette à soupçon, du marché portant viabilisation de la zone industrielle de Biskra et à laquelle elle a soumissionné «conjointement et solidairement» avec Official Prestation.

Dilapidation de deniers publics

Selon les documents en notre possession, le projet a été octroyé à une entreprise privée appartenant à un député d’un parti au pouvoir pour un montant de 4100 millions de dinars, alors que son offre financière dépassait de 250 millions de dinars celui du groupement constitué d’Hydrotechnique et Official Prestation. «Là aussi il y a eu dilapidation de deniers publics», estime un syndicaliste. Le groupement a proposé une offre s’élevant à plus de 3850 millions de dinars, mais il a été exclu au motif de «la non-conformité du protocole d’accord signé entre les deux entreprises».

«La commission interministérielle des marchés au niveau du ministère de l’Industrie n’a pas pris en considération leur recours. Il leur a été répondu que le groupement momentané d’entreprises est solidaire lorsque chacun des membres du groupement est engagé pour l’exécution de la totalité du marché. Alors que l’article 24 du protocole signé entre les deux entreprises est clair à cet effet. Il stipule que les deux parties constituent un groupement momentané d’entreprises conjointes et solidaires avec le client», explique-t-il.
 

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Air Algérie sous pression

La colère était hier à son paroxysme chez les clients de la compagnie de transport aérien Air Algérie en raison de la grève «surprise» des techniciens de la maintenance.
Tous les  vols  domestiques ou internationaux prévus dans la matinée étaient reportés ou annulés, sans aucune explication en direction des voyageurs, qui attendaient, des heures durant, dans l’indifférence totale des responsables de la compagnie. Le programme des vols d’Air Algérie à partir d’Alger, prévu pour la journée d’hier, portait sur 29 vols à l’international et 39 vols intérieurs.

Durant la matinée, des vols qui devaient décoller à partir de l’aéroport international d’Alger vers Montréal, Paris, Marseille, Barcelone, Madrid, Tunis et Casablanca ont été bloqués. «Six vols à l’international d’Air Algérie en partance d’Alger ont été bloqués hier matin», a indiqué à l’APS la directrice de la communication auprès d’Air Algérie, Mme Bartouche. Par contre, le vol Constantine-Marseille et celui d’Oran-Alger ont pu être effectués hier matin, selon la même responsable. Des voyageurs à destination de Montréal (Canada) attendant depuis la matinée étaient maintenus dans la file d’attente durant plusieurs heures, alors que le tableau d’affichage indiquait un report.

Les heures d’attente devant les guichets sans aucune explication ont fait sortir certains clients de leurs gonds. «Qu’est-ce qui se passe ?» «Qu’allons-nous devenir ?» «Que doit-on faire ?» sont les questions des voyageurs sans réponses. Le Syndicat national des techniciens de la maintenance d’Air Algérie (SNTMA) a entamé une grève, sans avis préalable, pour des revendications socioprofessionnelles.

Des voyageurs interrogés au niveau de l’aéroport international d’Alger ont exprimé leur colère face «au manque de professionnalisme des services concernés d’Air Algérie». «Nous ne sommes pas traités en tant que clients d’une compagnie aérienne. Je suis censé prendre le vol de la matinée vers Montréal, et là j’attends depuis 3 heures qu’on m’explique ce que je dois faire.

Dois-je attendre ou rebrousser chemin ? La compagnie n’a pas daigné designer un agent pour nous expliquer ce qui se passe. C’est décevant», fulmine un homme, la cinquantaine, qui attend l’annonce du vol Alger- Montréal. Dans un des halls de cet aéroport, débordant de voyageurs, désorientés, renvoyés bredouilles des guichets de renseignements, une femme a rompu le silence. Avec une voix teintée de colère, elle exprime sa déception du traitement infligé aux clients d’Air Algérie. «Y a-t-il des négociations avec les grévistes ?» s’interroge-t-elle, avant de demander, tantôt menaçante, tantôt suppliante, aux différents photographes de presse présents de ne pas la prendre en  photo.

Reprise des vols  en début d’après-midi

D’autres voyageurs, moins expressifs, ne manquent pourtant pas de faire des comparaisons entre les services d’Air Algérie et ceux des compagnies étrangères qui «montrent plus de respect envers les clients». Les revendications socioprofessionnelles des techniciens de maintenance (mécaniciens) de la compagnie portent, selon Ahmed Boutoumi, contacté hier par El Watan, sur le reclassement du personnel technique par «la hiérarchisation des postes du personnel de la maintenance telle que définie par la nouvelle convention collective».

Selon le syndicaliste, le classement actuel des 750 mécaniciens de la compagnie se positionne en dernière catégorie, après les stewards et hôtesses de l’air, classés en 2e catégorie, et les pilotes, en première catégorie. C’est en début d’après-midi que le syndicat a annoncé la suspension du débrayage suite aux négociations engagées entre lui  et la direction générale de la compagnie. Selon M. Boutoumi, «une commission ad-hoc, constituée de la Sntma et de responsables d’Air Algérie, va être installée pour étudier toutes les propositions relatives aux revendications des techniciens de la maintenance».

Le directeur général par intérim d’Air Algérie, Bakhouche Alleche, a proposé, lors de ces négociations, un délai d’une année avant de prendre une décision à propos de ces doléances, et ce, étant donné la situation financière difficile de cette compagnie. «La proposition de M. Alleche sera portée à la connaissance des travailleurs de la maintenance et nous étudierons la suite à donner au mouvement de protestation», explique par ailleurs M. Boutoumi.

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