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Parti en Syrie combattre Daech

L’Algérien Elhabib Lalili combat Daech et d’autres groupes armés en Syrie. Il risque des poursuites judiciaires pour «terrorisme» en Algérie. Ce qu’il ne comprend pas, compte tenu de la position officielle du pays vis-à-vis de la crise syrienne. Il a accepté de se «livrer» à El Watan Week-end et de partager le récit de son combat au pays du Levant.
«Je combats Daech en Syrie avant qu’il ne songe à envahir l’Algérie.» Elhabib Lalili, un Algérien engagé depuis 2015 au côté de l’armée de Bachar Al Assad en Syrie. Ancien membre du mouvement des chômeurs et l’un des manifestants contre l’actuel mandat de Bouteflika en 2014, Elhabib a complètement disparu des radars depuis octobre 2015.

Connu sur les réseaux sociaux pour ses positions anti-islamistes et son athéisme assumé, il n’a plus donné de signe de vie. Nos tentatives pour le joindre n’ont abouti qu’au début de l’année 2016. Tenu encore par l’obligation de réserve, il s’est contenté de dire qu’il est en Syrie où il combat «du bon côté».

Pour ceux qui le connaissent, le «bon côté» veut dire : «Tout sauf Daech et les islamistes.» Alors que les médias, notamment étrangers, ne cessent de parler de ces Algériens qui rejoignent Daech ou d’autres groupes armés islamistes en Syrie et ailleurs dans le monde, Elhabib, lui, nous réserve un tout autre scénario, des plus inattendus pour certains.

Engagé au côté de l’armée syrienne, il est l’Algérien qui a choisi de combattre les terroristes et non d’en faire partie. A 37 ans, après plus de deux ans de son départ pour la guerre, Elhabib Lalili, fils de Relizane, nous apprend qu’il fait partie de la Garde nationaliste arabe (GNA), affiliée à la 4e Brigade militaire que dirige le frère cadet du président syrien, Maher Al Assad.

Faisant partie des 14 forces armées qui se battent, depuis le début des austérités, aux côtés des Forces armées syriennes, la GNA, fondée en avril 2013, est un mouvement qui se revendique du nationalisme arabe et prend comme référence le Nassérisme. Connue pour être un mouvement antisioniste et anti-islamiste, la GNA est composée de volontaires de différentes nationalités arabes dont, principalement, des Syriens, des Irakiens, des Egyptiens et des Palestiniens, mais aussi des Libanais et des Algériens à l’image de Elhabib.

Ce n’est pas tout, car la GNA est aussi un mouvement laïque qui réfute tout extrémisme sectaire, racial et religieux. Dirigée par Dhou El Fiqar Al Amili, de son vrai nom Asaâd Hamoud, de nationalité libanaise, la GNA combat dans les gouvernorats du rif de Damas, Deraa, Homs et Alep, mais elle est surtout présente dans la région de Damas, fief de son leader, où elle a pour mission d’assurer, avec l’armée syrienne, la sécurité de la capitale.

La GNA compte quatre bataillons qui portent tous les noms d’anciens révolutionnaires et progressistes arabes, dont celui du père de Dhou El Fiqar, Haidar Al Amili, penseur et homme politique nationaliste arabe, qui n’est que l’ancien compagnon de lutte du défunt révolutionnaire, militant pour l’indépendance de l’Algérie puis pour celle de la Palestine, le journaliste et dramaturge algérien, Mohamed Boudia, assassiné par le Mossad à Paris en juin 1973. Elhabib Lalili est considéré comme l’homme le plus proche de Dhou El Fiqar. Il est aussi son bras droit, son homme de confiance, son conseiller politique et en communication et fait partie de sa garde rapprochée, avec d’autres éléments de la GNA.

Université

«Je suis de gauche. Je déteste les islamistes et leur idéologie religieuse. Pour les éliminer, je peux même les combattre sur la planète Mars, s’il le faut. Je ne suis pas contre que des peuples demandent le changement et la démocratie pour leur pays, je l’ai moi-même fait en Algérie, mais vouloir détruire l’Etat et la République c’est impardonnable !» affirme Elhabib. Il est costaud, brun et garde toujours le crâne rasé, Elhabib est né en août 1980 à Mediouna, au nord de la wilaya de Relizane. Il obtient son bac en 1998 et s’inscrit en droit à l’université d’Oran.

A la fac, il rencontre des militants de gauche, notamment du PAGS, puis découvre avec le mouvement des Archs en 2001, la dimension multiculturelle de l’Algérie et le combat pour les valeurs démocratiques. «J’ai surtout appris ce que c’étaient les valeurs de gauche, le combat pour la liberté mais surtout celle des peuples opprimés. J’ai aussi participé à plusieurs manifestations du mouvement des Archs», confie-t-il.

Elhabib décide de suspendre ses études à la dernière année de sa licence, pour entamer une vie professionnelle en débutant comme artisan dans les chantiers de construction. Il se spécialise dans le coffrage pendant quelques années, avant de tenter sa chance au Sud, puis à Sétif où il exerce différents métiers.

En 2014, il rejoint le mouvement Barakat et manifeste son opposition au 4e mandat de Bouteflika. Elhabib participe aussi à plusieurs autres initiatives politiques avant d’adhérer au mouvement des chômeurs où il milite jusqu’au jour de son départ pour la Syrie. Sur le plan réflexion, il dit qu’il est influencé par l’avocat et intellectuel franco-tunisien, Lafif Lakhdar, décédé à l’âge de 79 ans, en 2013, à Paris. «L’un de ses livres qui m’a vraiment ouvert l’esprit sur le monde est : Du Mohamed de la foi à Mohamed de l’histoire. Lafif Lakhdar est un intellectuel qui m’a sauvé du conservatisme et de l’extrémisme religieux», admet-il.

OTAN

Pour expliquer le pourquoi de sa décision, Elhabib revient sur les attaques chimiques dont ont été victimes les civils du sud et de l’est de Damas en 2013. A l’époque, Barack Obama, encore président des Etats-Unis, a accusé Bachar Al Assad d’être derrière ces massacres. Elhabib décide donc de manifester son soutien à l’Etat syrien et son président en participant à un sit-in organisé devant l’ambassade de Syrie à Alger.

«Barack Obama et d’autres chefs d’Etat occidentaux, dont nous savons qu’ils financent l’OTAN et le terrorisme en Syrie, ont directement accusé à charge Bachar Al Assad sans attendre les conclusions de l’enquête indépendante. C’était là une autre agression à l’égard de la République syrienne», se souvient-il.

A l’aide des réseaux sociaux, Elhabib entre en contact avec des résistants pro-Bachar activant dans la région de Damas. Il nous confie qu’ils l’ont invité à des rencontres en Tunisie et au Liban, auxquelles il n’a pas pu prendre part.  Afin de vérifier l’identité de ces personnes et savoir si elles étaient réellement du côté de Bachar, Elhabib rencontre l’attaché militaire de l’ambassade de Syrie à Alger. «Il m’a remercié pour mon soutien et m’a assuré qu’il ne disposait pas de ce genre d’information.

Il m’a dit qu’il n’y a qu’une façon de le savoir, aller à Damas !» Elhabib prend un vol régulier Alger-Damas et arrive dans la capitale syrienne le 25 octobre 2015. «Quand je suis arrivé, mes contacts étaient déjà à l’aéroport. Ces derniers m’ont déposé au siège de la GNA à Mliha dans le rif de Damas. C’est là où j’ai travaillé durant 5 mois. En février 2016, la direction a décidé de me placer à la garde rapprochée de Dhou El Fiqar», explique-t-il.

Dollars

Elhabib combat dans le rif de Damas où plusieurs mouvements terroristes et rebelles activent massivement. Il évoque, en dehors de Daech, le Front Al Nosra ou Jabhat Al Nosra, Jaych Al Islam, dirigé par Zahran Allouche, assassiné en 2015, et Faylaq Al Rahman. «Mon travail est purement militaire et sécuritaire.

Je suis payé pour ce que je fais par L’Etat syrien, même si cela reste dérisoire, car le plus important ce sont mes convictions et mon combat pour la sauvegarde de la République syrienne. Je travaille quatre jours successifs et je me repose pendant les trois autres. Avec mes camarades, nous faisions des escortes et nous exécutions des missions très précises. Mais la première est d’assurer la sécurité de Dhou El Fiqar, le chef de la GNA», explique-t-il.

Avec un salaire de «35 000 livres syriens, l’équivalent de 145 euros ou 20 000 DA», Elhabib fait la guerre au milieu des tirs de snipers, des raids et des mortiers des terroristes et des rebelles. «Nous étions de retour d’Alep, avant qu’elle ne soit libérée par l’armée syrienne, lorsqu’un sniper a tiré sur nous. En plus, notre leader était parmi nous. Nous avons perdu un de nos éléments et quatre autres ont été grièvement blessés.

Bon, c’est une guerre à laquelle je me suis habitué», rassure-t-il. Elhabib se souvient aussi de la bataille qu’il a menée au côté de la GNA et de l’armée syrienne, lorsqu’en janvier 2016, Faylaq Al Rahman a attaqué Damas. Ce dernier a assassiné plusieurs résistants pro-Bachar et a réussi à récupérer plusieurs points stratégiques dans la région. «Faylaq Al Rahman était tout près de Jaramana, la plus grande ville de la région de Damas avec ses deux millions d’habitants.

Vous imaginez une seconde ce qui se serait passer s’il avait réussi à récupérer cette ville ?» s’inquiète-t-il. Elhabib a été envoyé en renfort. Il a combattu avec l’armée jusqu’à la récupération des terrains conquis par ce mouvement, dont il dit qu’il est soutenu par le Qatar. «Nous avons arrêté le bras droit de Zahran Allouche dans la Ghouta orientale, à Zabadane où j’étais auparavant. Ce dernier a avoué que c’est l’Arabie Saoudite qui les finance.

De même pour Faylaq Al Rahman dont les éléments capturés ont affirmé qu’ils recevaient leur financement du Qatar. Tout le monde le sait ici», indique-t-il. «Les terroristes et les rebelles s’entretuent pour de l’argent. Zahran Allouche, par exemple, a eu un différent avec l’un de ses hommes pour une affaire de 14 millions de dollars délivrés par l’Arabie Saoudite et il a été ‘‘vendu’’ à l’armée syrienne par ce dernier. C’est ainsi que l’armée a pu le neutraliser», témoigne-t-il.

Pèlerinage

Sur une vidéo diffusée le 16 mai 2016, par la chaîne syrienne Sama Tv, basée à Damas, on voit Dhou El Fiqar devant la caméra. Ce dernier, furieux, s’adressait dans un langage virulent aux rebelles qui venaient d’assassiner deux de ses éléments. Elhabib se tenait derrière lui. «Avec le temps, j’ai pu établir une relation de confiance avec Dhou El Fiqar.

Nous sommes devenus très proches. Vous pouvez dire que je suis l’homme le plus proche de lui», confie-t-il. Nahed Zerouati, reporter de guerre pour Echorouk TV, qui était il y a deux ans, dans le cadre de son travail, à Damas, a rencontré Elhabib au front. «J’ai rencontré un intellectuel et un type ouvert sur le monde. Elhabib Lalili est très important dans son mouvement. Il est le bras droit de Dhou El Fiqar qui est un homme influent en Syrie et ailleurs dans le monde arabe. Etre Algérien et près du centre de décision, comme l’est Elhabib, n’est pas donné à tout le monde.

L’Algérie aurait pu profiter de sa position», témoigne la journaliste. Elhabib refuse toute déclaration concernant l’existence ou non d’autres Algériens avec lui et avoue ignorer le nombre de ceux qui se battent aux côtés des «rebelles» et des terroristes. Néanmoins, ce qu’il affirme savoir est la manière avec laquelle Daech et les autres mouvements terroristes recrutent à partir de l’Algérie.

«Les Algériens rejoignent Daech et les autres mouvements terroristes avec l’aide de certaines agences de voyages algéroises connues. Ils sont d’abord envoyés en Arabie Saoudite sous couvert d’accomplir le pèlerinage, puis sont récupérés par des Saoudiens qui financent leur voyage vers  Turquie. Et c’est à travers les frontières de ce pays qu’ils parviennent aux territoires contrôlés par les terroristes, dont Daech», dénonce-t-il.

Gendarmerie

A vrai dire, ce qui a réellement poussé Elhabib à sortir de son silence et rendre son histoire publique est «le sort qui a été réservé par les autorités algériennes à mes trois amis» établis ici en Algérie, relate-t-il. Après plusieurs mois de guerre, Elhabib revient en Algérie le 20 septembre 2016 où il séjourne jusqu’au 4 octobre. D’ailleurs, nous l’avons rencontré durant cette période, mais, à ce moment-là, il n’avait pas souhaité parler de sa situation en Syrie. Tout va bien jusqu’au mois d’avril 2017 où il reçoit un message de l’opérateur web de sa boîte e-mail Yahoo.

«J’ai reçu le 6 avril 2017 un message de Yahoo m’informant que ma boîte e-mail a été piratée. J’ai vérifié l’adresse IP du pirate et j’ai constaté qu’il s’agissait bel et bien de la Gendarmerie nationale d’Alger. Puis, on a récupéré un code que les gendarmes ont utilisé pour entrer dans mon compte Facebook, où ils ont découvert toutes mes conversations. Mais si la gendarmerie a réussi à faire ce boulot c’est grâce à mon numéro Ooredoo que j’utilisais encore en Raoming.

Cet opérateur leur a tout fourni !» s’emporte-t-il. Elhabib raconte que «l’un de ses amis qui répond aux initiales D. Y.», présenté par lui comme responsable d’une entreprise à Ghardaïa, l’informe que la personne qui l’avait accueilli à l’aéroport et chez qui il avait laissé ses documents administratifs, en l’occurrence «A. K., un employé de la direction de la culture de Boumerdès», a été interpellée par les services de sécurité. Accusé de «soutien au terrorisme», A. K. «a été, depuis, placé sous mandat de dépôt à Guelma». En réalité, Elhabib Lalili venait juste de savoir qu’il est, lui aussi, accusé de «terrorisme». «Les services de sécurité ont aussi interpellé un autre ami.

Il s’agit de M. K., un homme d’affaires de Ouled Moussa, qui n’a fait que prendre un selfie avec moi lorsque que nous avons pris un café à la Grande-Poste (Alger). Ce dernier a été accusé de ‘‘non-dénonciation d’un terroriste recherché’’. Il a été placé, lui aussi, sous mandat de dépôt à Guelma. Le dernier, D. Y., qui m’informait sur l’évolution de la situation de mes deux amis, a fini, lui aussi, par connaître le même sort», s’indigne Elhabib.

Rencontré à Alger, un proche du dossier confirme, sous couvert de l’anonymat, les informations fournies par Elhabib. «Je ne comprends pas la réaction des autorités algériennes qui partagent  pourtant la même position qu’Elhabib. De plus, elles savent qu’il n’est pas terroriste et que les trois personnes interpellées n’ont rien à voir avec son départ pour la Syrie. Mais allez leur demander d’avouer leur erreur ! Elles ne veulent pas la reconnaître. Le dossier est vide, mais la justice refuse toujours de les libérer», explique notre source.

Afghanistan

Elhabib affirme avoir voyagé avec son passeport et en partant de l’aéroport d’Alger. «J’assume mes choix et je suis le seul responsable de mes décisions. Ces personnes n’ont aucune relation avec mon départ. Elles sont innocentes. S’il y a quelqu’un que l’Etat algérien doit juger  pour un quelconque fait, ça sera moi et moi seul. Pourquoi l’Etat les a-t-il incarcérées ?» s’indigne-t-il.

Sur son avenir en Syrie et ses amis incarcérés, Elhabib rassure : «Evidement que je reviendrai en Algérie !» «Aboudjerra Soltani a avoué qu’il a envoyé des Algériens en Afghanistan mais il a, quand même, été désigné ministre. Madani Mezrag, ex-chef de l’AIS, a reconnu publiquement avoir assassiné des soldats algériens, mais il a été considéré par le pouvoir comme personnalité politique. Il a même été concerté pour la Constitution algérienne. Depuis quand ces terroristes reconnaissent la Constitution ?

Moi, je n’ai jamais touché à un cheveu des Algériens. Si j’ai assassiné quelqu’un, je l’ai fait à l’étranger contre les terroristes islamistes et non contre les Algériens, comme l’ont fait ces deux-là. Je suis un homme qui a combattu les terroristes et pas un terroriste», affirme-t-il. Elhabib dit être «profondément déçu». «Je suis déçu par la considération que l’Algérie m’a réservée. Tout est à l’envers dans ce monde. Comment une personne qui combat le terrorisme est qualifiée de la sorte par son propre pays ? Je suis une personne qui croit aux valeurs de la République.

Je crois en la loi, en la démocratie et les droits de l’homme. Mon combat est celui de la liberté des peuples. Au début, je m’interdisais même de passer à la télévision de peur de porter préjudice à l’Algérie. Mais là, j’ai décidé de tout dévoiler. Maintenant, l’Etat algérien doit être cohérent avec lui-même. Soit il est avec l’Etat syrien ou avec les terroristes et les «rebelles», car il n’y a pas de troisième partie ici», précise-t-il.

Grèce

Elhabib s’interdit de commenter la situation politique de la Syrie et se contente de parler géopolitique. «La Syrie a récupéré tous ses territoires malgré la persistance de certains poches de terroristes qui peuvent nous causer des problèmes à tout moment. Ces derniers ont même de l’armement lourd. Quant à la solution, elle ne peut être, aujourd’hui, que politique. Elle est, même, d’ordre géopolitique et stratégique. Il faut savoir que le conflit entre le Qatar et l’Arabie Saoudite a eu des répercussions ici en Syrie.

Depuis, les deux mouvements Faylaq Al Rahman et Jaych Al Islam ne cessent de s’entretuer. L’indépendance du Kurdistan a rapproché l’Iran et la Turquie, ce qui a poussé cette dernière a fermé ses frontières aux terroristes. Maintenant, il ne nous reste qu’un dernier point.

S’il y aune entente entre la Russie et les Etats-Unis, cela signera la fin de cette guerre qui dure depuis 2011», s’enthousiasme-t-il. Pour les milliers de «Daechiens» venus d’Europe, notamment après la libération d’Alep et Raqqa, Elhabib indique qu’ils sont au moins 4000 à avoir réussi à repartir chez eux en Europe, à travers notamment la Turquie et la Grèce.

«Les autres Daechiens qui restent ici sont soit devenus des mendiants ou s’entretuent entre eux pour de l’argent», confie-t-il. Et d’ajouter : «l’Europe va payer cher. Que feront les 200 000 Daechiens qui retourneront là-bas ? Pensez-vous qu’ils allaient revenir pour travailler et faire des enfants ? Comme c’était le cas des Algériens qui ont combattu en Afghanistan, ces derniers vont revenir en Europe pour refaire la même chose», prévient-il.

En Syrie, l’armée syrienne et ses alliés reprennent le contrôle. Elhabib dit pouvoir peut-être rencontrer prochainement Bachar Al Assad, qui souhaite décorer les éléments de la GNA. Par ailleurs, il nous informe qu’il est marié depuis une année et demie en Syrie. Il a même eu un enfant qu’il a perdu il y a trois mois. Quant à son retour, il affirme qu’«il n’est pas encore d’actualité pour le moment». «Sauf pour témoigner de l’innocence de mes trois amis détenus à Guelma», insiste-t-il.

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La difficile relance du textile

Les professionnels du secteur du textile et de l’habillement, fortement dépendant des approvisionnements extérieurs,
se plaignent d’une série d’écueils qui empêchent une véritable relance de leur filière.
Aujourd’hui, 96% des vêtements écoulés sur le marché algérien sont importés, selon des chiffres fournis par le ministère de l’Industrie. Un marché juteux pour la Chine et la Turquie qui ont, à elles seules, accaparé 60% du marché des importations en produits textiles et vêtements.

L’industrie du textile et de l’habillement, qui traîne encore comme un boulet les profondes séquelles de sa déstructuration durant les années 1990, éprouve toutes les peines du monde à renaître de ses cendres. «Il y a une reprise timide de la production, alimentée essentiellement par la commande publique (corps constitués, police et Protection civile). Mais cela reste en deçà des espérances du gouvernement», résume Amar Takdjout, secrétaire général de la Fédération textiles et cuirs à l’UGTA.

Les professionnels du secteur du textile et de l’habillement, fortement dépendant des approvisionnements extérieurs, se plaignent d’une série d’écueils qui empêchent une véritable relance de leur filière. En tête des préoccupations, la féroce concurrence, notamment du textile chinois et turc. Aujourd’hui, 96% des vêtements sur le marché algérien sont importés, d’après de récents chiffres du ministère de l’Industrie.

Un rendement juteux pour la Chine et la Turquie qui ont, toutes deux, accaparé 60% du marché des importations en produits textiles et vêtements entre 2010-2015, selon des statistiques publiées par les Douanes. Ces importations massives ont mis sérieusement à rude épreuve les performances des entreprises de la filière, également confrontées à la concurrence déloyale du commerce informel et de la contrefaçon.

En outre, les lenteurs des formalités d’obtention de crédits bancaires nécessaires à l’importation de la matière première donnent des maux de tête aux dirigeants de ces entreprises. Cette situation induit parfois des retards dans l’approvisionnement en matière première et des difficultés de trésorerie pour les entreprises.

«Quand vous perdez deux à trois mois, ce n’est pas bon pour l’entreprise. Si vous ne respectez pas vos engagements vis-à-vis de votre client, si vous lui remettez la commande avec deux à trois mois de retard, il mettra fin à la relation commerciale», déplore le syndicaliste. A cette contrainte s’ajoute une autre relative au régime fiscal jugé défavorable. Les producteurs algériens de textiles sont contraints de s’acquitter d’une taxe douanière de 30% pour le tissu importé destiné à la transformation, au même titre que les importateurs.

«On oblige les producteurs à payer 30% de taxe de douane, parce que c’est considéré comme un produit fini. Or, ce produit importé est appelé à être transformé en chemise. Sur le plan du marché, on n’est pas compétitif. La taxe douanière de 30% pour le transformateur génère aussi des répercussions sur le prix de revient», poursuit notre interlocuteur. Découragés par une taxe qu’ils trouvent injuste, des opérateurs algériens produisent à titre d’exemple de la chemise en Turquie avant de la revendre en Algérie.

Chute libre

Aujourd’hui, le textile algérien couvre seulement 4% des besoins locaux et ne représente au que 0,15% du PIB national. Pourtant, il était l’un des  fleurons de l’économie avec 150 millions de mètres linéaires fabriqués, tous types de tissus confondus (habillement et ameublement). Il représentait 5000 entreprises publiques ou privées, 200 000 salariés, dont 55 000 dans le public.

La production nationale représentait 75% du marché. Pour Amar Takdjout, la filière du textile et de l’habillement paye aujourd’hui le prix d’une politique de désertification, entamée à partir des années 1990, au profit de l’import-import. «Il y a eu beaucoup d’erreurs. On a opéré une ouverture brutale du marché.

Les trois quarts des professionnels s’étaient reconvertis en importateurs. On a carrément substitué l’importation à la production», se souvient-il. En effet, le passage de l’Algérie à une économie de marché et les effets du plan d’ajustement structurel ont marqué le début de la disparition des entreprises de textile, qui ont perdu environ la majorité de leurs effectifs employés et la chute de leur production.

Près de trente ans plus tard, seule une poignée de sociétés continuent de subsister. « Maintenant, inciter les gens à reprendre l’activité et produire est quelque chose de très compliqué. Quand vous détruisez votre économie pendant 20 ans (…), il n’est pas facile de relever le défi de la relance. Il faudrait 20-30 ans pour reconstruire» une filière déstructurée, analyse Amar Takdjout. Même au temps de l’aisance financière, l’industrie du textile stagnait, alors que les importations massives de textiles et de vêtements enregistraient des records.

Une relance qui tarde

Il a fallu attendre l’année 2011 pour que les pouvoirs publics daignent accorder une attention à cette filière à travers la mise en œuvre d’un plan de restructuration de 135 milliards de dinars (2 milliards de dollars). Dans le détail, ce plan dont l’objectif était de réanimer la production textile algérienne, consacrait 3,9 milliards de dinars pour prendre en charge la dette fiscale, 54,4 milliards de dinars pour le rachat du découvert bancaire enregistré auprès de la Banque d’Algérie, 9,7 milliards de dinars pour le rachat de la dette d’investissement et 1,3 milliard de dinars pour le paiement des dettes envers le liquidateur, le reste de la manne était consacré à l’investissement et au développement de l’outil de production.

Plus de six ans après le déploiement de ce plan dit de sauvetage, la machine demeure grippée et la relance tant attendue n’est toujours pas au rendez-vous. «La production n’a pas encore démarré dans certaines entreprises qui ont engagé de lourds investissements. Il a fallu 1 à 2 ans pour acheter du matériel et des équipements parce qu’il fallait passer par diverses procédures dont les appels d’offres.

Certaines entreprises ont finalisé leur investissement il y a encore  six mois, d’autres sont en voie de finalisation, alors que l’échéance du remboursement des crédits est tombée», souligne le secrétaire général de la Fédération textiles et cuirs à l’UGTA. Face à cette situation, sa fédération a proposé à l’ancien ministre de l’Industrie de différer le remboursement des crédits d’investissement de deux à trois années supplémentaires pour permettre aux entreprises de faire tourner leurs machines dans des conditions optimales.

«Il a trouvé notre proposition juste, mais il est parti avant de faire quoi que ce soit ! Son remplaçant, on a demandé à le voir. Mais il n’a pas encore donné son accord pour le moment», précise-t-il. En attendant, le salut de la branche textile et confection pourrait venir du complexe industriel de textile de Relizane, réalisé dans le cadre d’un partenariat algéro-turc.

Ce site industriel vise à répondre à la demande locale en matière d’habillement avec 40% de sa production destinée au marché national. Cette usine produira 30 millions de mètres linéaires de tissu destinés à la confection de 12 millions de jeans par année. Les partenaires du projet prévoient de consacrer 60%  de la production à l’exportation.

«Ce partenariat peut servir de point d’appui pour l’ensemble de la filière», espère Amar Takdjout. Globalement, les capacités de production de textiles et d’habilement devraient atteindre 20% de parts de marché. Avec le complexe industriel de Relizane, la filière totalisera environ 50 000 emplois et pourrait atteindre à terme le cap de  200 000 travailleurs, d’après lui. Cependant, « il faut des mécanismes et des outils d’aide et d’accompagnement. On doit créer les conditions pour récupérer davantage de parts de marché», conclut-il.

 

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Algérie-France : Macron enfin à Alger

Le président français, Emmanuel Macron, effectuera le 6 décembre prochain sa première visite en Algérie depuis son accession à la magistrature suprême. Hormis les dossiers économiques, il reste à savoir quels sont les autres volets de la coopération qui mériteraient l’attention des deux capitales, Alger et Paris.
C’est une visite tant attendue par le gouvernement algérien. Le président français, Emmanuel Macron, se déplacera enfin à Alger le 6 décembre prochain. Et c’est lui-même qui a annoncé sa visite et de manière inattendue, hier, lors d’une visite à Tourcoing (nord de la France), même si ce déplacement était déjà dans «l’air» depuis peu. Il faut dire que depuis son élection, le président français avait exprimé à plusieurs reprises son «souhait» de se rendre en Algérie, lui qui était reçu à Alger en grande pompe pendant sa campagne présidentielle.

C’est une visite nécessaire, voire indispensable au regard de sa portée  stratégique, de son poids symbolique et surtout de l’importance politique et économique. Cependant, le voyage du nouveau locataire de l’Elysée était difficile à organiser, en raison, notamment, de l’état de santé de son homologue, Abdelaziz Bouteflika. Une situation qui a mis les deux parties dans une situation embarrassante.

Alger et Paris multiplient alors les «messages d’amitié» pour éviter que ne s’installe «un froid diplomatique», surtout qu’Emmanuel Macron se rendait au Maroc. Alors que traditionnellement, le premier déplacement du président français à l’étranger, en dehors de l’Union européenne, est effectué en Algérie. Il fallait donc trouver rapidement  le moment pour «faire ce voyage», et surtout avant la fin de l’année en cours. Parce que plus il est «ajourné», plus le doute prend place. Un «luxe» que les deux capitales ne peuvent se permettre.

Les relations denses et multiples entre l’Algérie et la France, soumises parfois à des «tensions», exigent une réévaluation régulière et un renforcement permanent. La réunion au sommet entre les deux chefs d’Etat est la mieux à même de redonner du souffle aux relations, et ranimer le mouvement entre les deux rives de la Méditerranée. Surtout, elle permet de donner un nouveau cap et fixe de nouveaux objectifs stratégiques entre deux pays qui ont le «destin en commun».

Il y a d’abord la problématique sécuritaire et l’urgence d’en finir avec le bourbier libyen et l’instabilité au nord du Mali, car il y va de la stabilité de l’Algérie et de la France. La solution de ces deux conflits exige des deux pays un dialogue franc et surtout une convergence de vues. A cela, s’ajoute la coopération  économique — question centrale et qui préoccupe Alger et Paris — qui reste en deçà des ambitions des deux pays, comme cela a été rappelé lors de la réunion du Comité mixte économique algéro-français qui s’est tenue dimanche passé.

Bruno Le Maire,  ministre de l’Economie français, a précisé à ce titre que «la tendance n’est pas bonne. Avec mon ami Youcef Yousfi, nous sommes décidés à inverser cette tendance. Les chiffres sont sans appel. Notre part de marché est passée de 24% en 2000 à 10% aujourd’hui. Nous devons redresser la barre». Un redressement de situation qui passera nécessairement par la rencontre entre les deux présidents, algérien et français.

Il faut dire qu’Emmanuel Macron est attendu à Alger avec un préjugé favorable et un terrain balisé. Son passage lors de la campagne présidentielle avait laissé «bonne impression» chez les dirigeants algériens qui voyaient en lui «un ami» de l’Algérie. Et des deux côtés de la Méditerranée, l’on n’ignore pas l’importance des relations humaines pour tisser et renforcer les liens.

Entre les deux pays, il y a de la passion, un peu trop même, ce qui conduit parfois vers des tensions. Il est temps d’y mettre beaucoup de raison pour mieux avancer dans l’intérêt des deux peuples.

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Le Djurdjura regorge d’eau

Abdelkader Saâdallah, professeur chercheur en géologie, installé en Norvège, a annoncé, en septembre dernier, les résultats de son étude, lors d’une conférence à la faculté des sciences de la Terre de l’USTHB : une reserve de 60 milliards de mètres cubes d’eau, soit 60 fois le volume du grand complexe hydraulique de Beni Haroun, le plus important d’Algérie, estimé à 1 milliard de mètres cubes.
Le mot Djurdjura signifie en berbère «tas de pierres». L’annonce de l’existence de réserves aquifères importantes dans ce massif de la chaîne de l’Atlas devrait changer le regard sur la région : de la pierre donc, mais aussi d’immenses réservoirs d’eau.

Le professeur chercheur en géologie, Abdelkader Saâdallah, installé en Norvège, a annoncé, en septembre dernier, les résultats de son étude, lors d’une conférence à la faculté des sciences de la Terre de l’USTHB : 60 milliards de mètres cubes d’eau, soit 60 fois le volume du grand complexe hydraulique de Beni Haroun, le plus important d’Algérie, estimé à 1 milliard de mètres cubes.

L’annonce a fait réagir des citoyens mais aussi les autorités. Invité du forum d’El Moudjahid, le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, a affirmé qu’il y a eu un débat «très intéressant» entre le chercheur et les experts du département. «Je peux dire que scientifiquement cette étude est très sérieuse et très intéressante», estime M. Necib, précisant que l’étude nécessite un «approfondissement» pour confirmer l’existence de cette réserve. «Nous sommes prêts à mettre les moyens nécessaires à cet effet», a-t-il poursuivi.

Le géophysicien distingue deux phases dans son travail de prospection nécessitant la mise en place d’importants moyens : un volet recherche approfondie et un autre de recherche pratique pour l’exploitation. «Les deux volets sont étroitement liés. Dans notre programme de recherche proposé par les deux universités, celles de Tizi Ouzou et de Constantine, nous avons tenu compte de ces deux aspects.

Les premiers résultats dans un délai de 1 à 2 ans vont aboutir notamment à un programme d’une demi-douzaine de forages superficiels (moins de 50 m de profondeur) pour estimer l’épaisseur de la couverture étanche que nous nommons ‘‘l’Eocène molassique’’ depuis son apparition dans la région de Haizer sur une petite distance vers l’Ouest et sur trois côtés : supérieur, flancs nord et sud», indique-t-il (voir entretien). L’étude du géoscientifique pose le problème de l’existence de réserves d’eau non conventionnelles et leur exploitation. Dans la région du Djurdjura et dans les autres massifs du pays.

Les réserves perchées exploitables

Au-delà du massif du Djurdjura lui-même, «il y a, précise l’expert, la question vitale de la recherche des réservoirs perchés. La question à laquelle les géoscientifiques doivent répondre immédiatement : est-ce que les conditions minimales sont réunies pour l’existence de réservoirs perchés dans les régions comme les Aurès, l’Ouarsenis, Babors, Zaccar et d’autres ? Et cela par des études de cartographies géologique et structurale sans avoir recours, dans un premier temps, à des prospections électriques».

Dans un contexte de sécheresse, les réserves qui pourraient être découvertes à l’avenir peuvent être exploitées avec moins de frais pour les autorités. Quand on connaît la situation actuelle du barrage de Taksebet (30% de taux de remplissage) et au-delà, dans les autres wilayas du pays, les autorités ont montré leur intérêt pour l’étude du scientifique qui permet, à terme, l’exploitation des «réserves perchées».

Pour M. Saâdallah, la méthode, qui consiste à aller vers les bassins des plaines pour puiser jusqu’à épuisement les ressources hydriques, pour ensuite les pomper sur des dénivelés de plusieurs centaines de mètres de hauteur pour alimenter les villes et villages des sommets des montagnes, comme si l’énergie est inépuisable et gratuite, n’est plus possible.

Les réservoirs perchés permettent d’alimenter en eau par gravité sans dépense énergétique, précise l’expert. Le chercheur est partisan des «techniques simples», compatibles avec le développement local, pour augmenter la recharge des nappes souterraines par les eaux de ruissellement, au lieu de les diriger vers des barrages en béton «d’un coût excessif et d’une durée de vie limitée par l’envasement extrême».

 

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Réforme de la Santé : La confusion

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le Pr Mokhtar Hasbellaoui, a présenté, hier, à la commission santé au niveau de l’APN, la politique générale de santé autour du projet de loi sanitaire en plaidant pour l’organisation de son examen par les députés dans les meilleurs délais.
Un texte qui s’impose vu les profondes mutations qui marquent, d’une manière particulière, le secteur de la santé qui doit «s’adapter en conséquence et tenir compte parallèlement des exigences de la réglementation internationale en matière de santé et des avancées croissantes liées aux progrès technologiques et au développement de la science dans le domaine de la médecine», a d’emblée souligné le Pr Hasbellaoui, tout en assurant que ces réformes s’articulent autour des principes fondamentaux que sont la gratuité des soins, l’égalité d’accès aux soins, la solidarité, l’équité et la continuité du service public de santé et la hiérarchisation des structures de santé.

Le Pr Hasbellaoui rappelle que l’objectif recherché à travers ces réformes est, entre autres, le développement de l’organisation sanitaire à travers la mise en place de la carte sanitaire, le soutien du rôle du secteur privé en tant que secteur complémentaire au secteur public, l’introduction du médecin référent et la dispensation des soins, l’hospitalisation à domicile, le réaménagement de l’établissement public de santé en lui conférant le statut d’établissement public à gestion spécifique, l’organisation rationnelle et équitable dans l’accomplissement de l’obligation du service civil et l’introduction d’un dispositif relatif à la bioéthique régissant les règles inhérentes à la transplantation d’organes, de tissus et de cellules humains, à l’assistance médicale à la procréation, au don du sang et aux études cliniques, etc.

Des réformes que les membres de la commission santé appréhendent déjà au vu de certains articles considérés comme «confus et en contradiction avec le discours prononcé par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière» concernant notamment le financement du système national de santé. L’article 12 de ce projet dispose que «l’Etat assure la gratuité des soins et en garantit l’accès à tous les citoyens.

Il met en œuvre tous les moyens de diagnostic, de traitement et d’hospitalisation des malades dans l’ensemble des structures et établissements publics de santé, ainsi que toute action destinée à protéger et à promouvoir leur santé». La lecture de l’article 348 remet en question ce principe et on peut lire : «Les bénéficiaires de soins peuvent être appelés à contribuer au financement des dépenses de santé dans le respect des dispositions de la présente loi.»

Ce qui a fait réagir le député du Parti des travailleurs (PT) qui estime que ce projet de loi exprime clairement le désengagement de l’Etat du secteur public en faveur du secteur privé. «Il s’agit, en fait, d’une remise en cause de la médecine gratuite. A notre question à ce sujet, Monsieur le ministre a répondu de manière très confuse. Il propose, par ailleurs, de revoir éventuellement la formulation de cet article.

Mais il a persisté dans la contradiction», a noté Nadia Chouiten, députée du PT, qui dit ne pas être convaincue par les réponses du Pr Hasbellaoui et surtout que «ce texte n’est pas consensuel. La concertation n’a pas été élargie à tous les partenaires. Ce projet de loi est, à notre avis, à repenser. Il faut le retirer pour présenter un autre projet qui préservera et renforcera les acquis et qui corrigera toutes les insuffisances».

De nombreuses questions ont été également posées par des députés des autres formations politiques, notamment par rapport au financement, ainsi que sur l’état actuel de tout le système de santé.

A la lecture de tous ces articles, de nombreux partenaires sociaux, syndicats et praticiens estiment que l’orientation politique est claire. «Ce projet de loi n’est qu’une fourberie de l’ex-ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf… Ce texte porte de nombreuses contradictions et il n’est pas du tout à l’avantage du citoyen algérien», relève un praticien qui regrette qu’ «à travers cette loi, c’est la disparition du secteur public en faveur du secteur privé». Et de déclarer : «Les patients algériens doivent payer leurs soins, que ce soit dans le privé ou dans le public.

Ce qui est contraire au principe de la gratuité des soins prônée dans l’exposé des motifs de ce même texte», note-t-il, affirmant que de telles dispositions risquent de mettre le feu aux poudres. «Il y a également d’autres dispositions, qui ne pourront pas être acceptées telles qu’elles sont présentées, sur de nombreuses questions liées à la santé. Il s’agit d’une loi qui concernera plusieurs générations», a-t-il encore souligné. Pour un autre praticien, les disposions de ce projet ont aussi un impact sur le médecin dans l’exercice de son activité. 

«Le médecin est non seulement confronté à de nombreux problèmes, tels que le dysfonctionnement de tout le système de santé, la désorganisation à l’hôpital et son exposition à une violence à son égard. Dans ce texte, on note un code pénal bis au chapitre dispositions pénales, qui comporte une trentaine d’articles contre 15 dans la loi 85», a-t-il précisé  tout en relevant le fait de faire du médecin un simple fonctionnaire.

«L’inscription à l’Ordre des médecins, qui est un acte personnel et suivi d’un engagement, sera désormais faite automatiquement par la Fonction publique pour les médecins du secteur public. Le texte fait par contre obligation au médecin du secteur privé de s’inscrire à l’Ordre des médecins. Qui va alors inscrire les médecins des corps constitués et de la Protection civile ?» s’interroge notre interlocuteur.
Ce sont autant de questions qui reviennent dans la bouche des différents acteurs du secteur qui demandent à revoir ce texte et prévoir une large concertation. Rappelons que ce texte de loi a été suspendu par le gouvernement Abdelmalek Sellal en décembre 2016 pour être par la suite gelé en 2017 par le gouvernement Abdelmadjid Tebboune.
 

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