Archive for mai, 2017


On vous le dit

Secousse de 3,8 degrés au nord d’Oran

Une secousse de 3,8 degrés sur l’échelle de Richter s’est produite hier à 5h02 au nord d’Oran, a indiqué le Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (Craag). L’épicentre de la secousse a été localisé à 30 km au nord d’Oran en mer,  a précisé le Craag dans un communiqué.

Décès de l’ancien général panaméen Manuel Noriega

L’ancien général panaméen Manuel Noriega, qui était hospitalisé depuis mars dernier à la suite d’une tumeur cérébrale, est décédé dans la nuit d’hier à l’âge de 83 ans, a-t-on annoncé de source officielle. Homme fort du Panama de 1983 à 1989, le général Noriega était ensuite tombé en disgrâce, renversé par les Etats-Unis puis lourdement condamné pour trafic de drogue. Il a passé plus de deux décennies derrière les barreaux aux Etats-Unis pour des accusations de trafic de drogue. Il a ensuite été emprisonné deux ans en France pour blanchiment d’argent, avant d’être extradé vers le Panama en décembre 2011.

Le Petit Larousse et le Robert illustré font leur rentrée

Le Petit Larousse annonce 150 nouveaux mots, sens, locutions et expressions — dont la québecoise «douillette» (duvet) — et une cinquantaine de nouvelles personnalités, dont le président français Emmanuel Macron, dans sa nouvelle édition. Le Robert illustré intègre au total quelque 200 nouveautés (dont également Emmanuel Macron) dans son dictionnaire, telle cette «cramine» (froid intense) venue de Suisse. Année électorale en France oblige, beaucoup de nouveaux mots sont liés à la sphère politique. Ainsi, le Petit Larousse a introduit dans son lexique le mot «hacktivisme» (l’activisme numérique) et «ubérisation» tandis que le Robert illustré évoque la «post-vérité» et le «burkini».

Les précisions de Syngenta

Suite à la publication d’un article intitulé «Alors qu’elle est interdite en Europe, une semence traitée avec un pesticide livrée aux agriculteurs algériens», le détenteur de l’insecticide, commercialisé sous la marque Cruiser, a tenu à apporter les précisions suivantes : «Veuillez noter qu’après les études réalisées par Epilobee (programme de surveillance pilote pour les maladies des abeilles), qui ont révélé que les pertes d’abeilles hivernales étaient nettement inférieures à celles que l’on pensait, la Commission européenne insiste maintenant sur le fait que l’intervention des néonicotinoïdes (famille chimique du Cruiser) n’a rien à voir avec les abeilles. De plus, l’Agence de protection de l’environnement des Etats-Unis (EPA) a réaffirmé l’année dernière la sécurité de ce type d’enrobage de semences. Les pays non membres de l’Union européenne dans le monde continuent d’approuver ce produit, ce qui place les agriculteurs européens dans une situation concurrentielle désavantageuse à l’échelle mondiale.Initialement, la suspension de l’homologation du Cruiser en France s’est basée sur une étude expérimentale utilisant une dose de produit irréaliste, non validée par le panel d’experts et totalement en contradiction avec la réalité du terrain.Syngenta prend très en sérieux la protection de la santé des pollinisateurs et travaille dans la région de l’Afrique Moyen-Orient, dont l’Algérie, dans le cadre de son plan de croissance durable pour aider les agriculteurs à établir des bandes enherbées et fleuries dans le but de restaurer l’habitat naturel des pollinisateurs, où ils trouvent de quoi se nourrir et prospérer. Nous sommes déterminés à protéger les pollinisateurs et à ce que les agriculteurs utilisent de manière sûre les semences traitées avec notre solution Cruiser pour protéger leurs cultures et ainsi, aider l’Algérie à assurer un bon niveau de sécurité alimentaire.»
 

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Quatre navires de la CNAN vendus aux enchères en Malaisie

Après la vente du Blida, dans des conditions troublantes, et l’abandon en Pirée (Grèce) de Djbel Onk, Djbel Rafaa, Djbel Ksel,  voilà que quatre autres navires, le Nedroma, le Nmemcha, le Aïn Témouchent et El Hadjar, sont vendus aux enchères, en Malaisie.
Cette flotte avait été immobilisée par le groupe Pharaon, actionnaire à hauteur de 51% du capitale de IBC, une filiale de la Compagnie nationale algérienne de navigation (CNAN), propriétaire des huit navires…

C’est à la suite d’un long contentieux que les autorités judiciaires malaisiennes ont fini par débouter la partie algérienne, représentée par le groupe Cnan. Comment en est-on arrivé à cette situation ? Tout a commencé avec l’arrivée, en 2007, de Ghaith Rashed Pharaon, un homme d’affaires saoudien, qui, grâce à ses connaissances assez bien placées, obtient 51% du capital de IBC (International Bulk Carriers), filiale du groupe Cnan, en contrepartie d’une promesse d’investissement de 50 millions de dollars dans le renouvellement de la flotte et son développement. Une fois les contrats signés, Pharaon prend possession des 8 navires composant la flotte de IBC, pour seulement 9 millions de dollars et met 5 millions de dollars sur les comptes de cette filiale, considérés comme un prêt remboursable sur une période de 5 ans, avec les revenus de l’affrètement de la flotte.

Deux ans plus tard, il cède l’exploitation de ces navires à la société Leadarrow, créée aux îles Caïmans par deux cadres de sa société CTI Group, avec un capital de 1000 dollars. L’exploitation devient de plus en plus coûteuse pour la trésorerie du groupe Cnan, contraint de payer les factures suspicieuses de réparation dans les chantiers roumains et grecs, pour uniquement le Nmemcha, le Blida et le Nedroma. De 3 millions de dollars, les factures atteignent 17 millions de dollars, alors que les 5 navires restants rapportent à Pharaon plusieurs dizaines de millions de dollars. Au milieu de l’année 2009,  alors que le montant payé par la compagnie avait déjà atteint 4 millions de dollars, l’ex-présidente-directrice générale du groupe Cnan exige des factures détaillées avant tout virement au profit de Leadarrow, mais CTI Group refuse, suscitant le blocage des paiements. Leadarrow dépose plainte auprès du tribunal maritime à Londres, et la bataille juridique dure plus de 16 mois, à l’issue desquels Cnan Group obtient gain de cause.

CNAN group n’avait pas à payer les réparations. Débouté, Pharaon saisit alors la Chambre internationale de commerce de Paris. Sa décision fait tache d’huile dans le milieu de l’arbitrage et Pharaon accapare trois navires. Cnan Group interjette appel, mais, toute la flotte qui lui a été confiée est prise en otage. S’appuyant sur cette décision, Pharaon va immédiatement saisir les navires Djbel Onk, Djbel Rafaa et Djbel Ksel, appartenant à IBC et amarrés en Pirée (en Grèce), par une décision de justice, non encore définitive. Au mois d’avril 2013, CTI demande au tribunal du Pirée d’ordonner leur saisie, de leur interdire d’appareiller et d’interdire tout changement de leur statut.

Au mois de novembre 2013, le tribunal du Pirée a ordonné la saisie conservatoire des trois navires et, en février 2014, il  a ordonné la suspension de la reconnaissance et de l’exécution de la sentence arbitrale CCI jusqu’à ce que la Cour d’appel de Paris rende sa décision sur le recours en annulation de cette sentence, tout en maintenant la saisie conservatoire des navires, qui sont depuis des mois en situation d’abandon. Pendant ce temps, Le Blida est déclaré en totale déperdition sans en aviser Cnan Group, pour empocher auprès des assurances plus de 4 millions de dollars et les quatre autres navires, Nmemcha, Aïn Témouchent, Nedroma et El Hadjar, sont désarmés et immobilisés en Asie par CTI Group. Il saisit le tribunal pour vendre la flotte et récupérer les 7 millions de dollars, plus les intérêts. Le tribunal ordonne l’interdiction d’appareiller et après une longue procédure judiciaire, la Cour fédérale malaisienne a décidé de débouter la partie algérienne, en autorisant la vente et le paiement des créanciers et de la société portuaire qui assurait le gardiennage des navires. La décision est définitive. C’était au mois de septembre 2016.

Le 1er février de l’année en cours, la Cour de cassation a annulé la décision du tribunal d’arbitrage et renvoyé l’affaire devant la même cour, autrement composée, pour être jugée de nouveau, alors qu’en Malaisie, les autorités judiciaires confirmaient la vente des quatre navires abandonnés dans leurs eaux territoriales. Très mauvaise expérience, le partenariat entre IBC, filiale du groupe Cnan, et CTI-Pharaon a causé de graves préjudices financiers au groupe Cnan, qui assiste impuissant à la déperdition de sa flotte maritime. Aujourd’hui, le décès de  Ghaith Rashed Pharaon ne fera que compliquer la situation, d’autant qu’à ce jour ni ses héritiers ni ceux de son associé dans CTI, un homme d’affaires jordanien également décédé, ne se sont présentés…
 

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«En économie, les dirigeants algériens agissent sans discipline»

La baisse, depuis près de trois années déjà, des cours du pétrole a entraîné une fragilisation des positions financières de l’Algérie, tant en interne qu’en externe ; baisse importante des réserves de change, baisse sensible de l’épargne interne et disparition du FRR, des déficits en hausse,…etc. Face à ce tableau de bord qui donne l’alarme, de quelle marge de manœuvre dispose encore le nouvel Exécutif nommé jeudi dernier ?

C’est étonnant que chacun attende un miracle. Le miracle ne se produira pas. L’Etat joue avec le feu. Depuis une décennie, il refuse de reconnaitre que le soleil se lève à l’Est. En niant la réalité, on ne l’efface pas. De nombreux auteurs, économistes et politistes, ont déjà indiqué la voie à suivre. En particulier le groupe Nabni a fourni une feuille de route remarquable, qui a été pour l’essentiel ignorée.

De même Abderrahmane Mebtoul, parmi beaucoup d’autres, n’arrête pas de mettre en garde et de rappeler les choses qu’on ne peut pas éviter. Le ministère des Finances, lui-même, a publié un modèle économique qui reprend certaines choses importantes qui pourraient aider. Finalement, on a l’impression que les dirigeants ont la tête dans le sable.

Pour répéter donc, les calculs actuels, rappelés récemment par le Pr Mebtoul, montrent que les sorties de devises en 2017 seraient de 57 milliards de dollars. Pour couvrir cela, il faudrait pour un pays aussi dépendant de l’énergie que l’Algérie un prix international du baril à 85 dollars. Comme il est à 50, les dangers de banqueroute sont clairs. Il n’y a qu’une seule voie, celle de la création de richesses.

Cela se fait par le secteur privé qu’on doit aider à être bon, notamment dans sa capacité à exporter. Il faut simplifier considérablement le processus de création et de développement d’entreprise. Il faut arrêter les décisions incompréhensibles de freinage des champions nationaux, comme Cevital et beaucoup d’autres.

Il faut encourager le financement par l’entreprise plutôt que directement par l’Etat. Les projets de qualité sont finançables à l’échelle internationale et cela doit être permis. Il faut encourager l’investissement par la diaspora en relation avec les entreprises privées algériennes. L’avenir de l’Algérie est dans une association tous azimuts avec l’Europe et une unité économique maghrébine.

Pour réaliser cela, la liberté des entreprises est une étape essentielle. L’autre aspect, qui n’est pas négligeable, c’est que l’économie c’est aussi lié à l’optimisme et à la confiance des acteurs économiques (les ménages et les entreprises). Optimisme et confiance sont directement liés à la clarté des objectifs et à la moralité des dirigeants. Beaucoup reste à faire en la matière.

Les futurs arbitrages seront assurément douloureux ! Quelles sont, d’après vous, les mesures urgentes à effet immédiat susceptibles de contribuer à l’amélioration de la situation ?

Comme je viens de le mentionner, je vous suggère de relire les dernières recommandations de Nabni. Elles sont vraiment appropriées et très clairement énoncées. Votre journal pourrait les reproduire partie par partie et les publiciser.

Au plan de la réduction des dépenses, l’on s’attend à ce que les arbitrages actuels entraînent de nouvelles tournures austères dans le budget de l’Etat ; une allocation ciblée des subventions, baisse des budgets d’équipement et de fonctionnement, restriction à l’importation,…etc. Qu’en pensez-vous ?

L’Algérie est un pays qui méprise l’organisation. Les dirigeants agissent sans discipline, de manière informelle, sans respect des règles qu’ils émettent. Le pays est en conséquence plutôt désordonné. Le problème est vraiment un problème d’ordre. On peut faire beaucoup mieux avec un comportement ordonné. On ne peut pas changer considérablement le soutien social actuel.

On peut améliorer sa gestion. Aujourd’hui, le paradoxe est que seuls les plus nantis bénéficient des subventions et autres aides de l’Etat. Les pauvres sont complètement en dehors du système et souffrent beaucoup. L’effet du désordre est clair aussi au niveau de l’activité des entreprises. Les restrictions à l’importation, la baisse des budgets, etc., sont des actions de panique, qui démontrent seulement un manque de compréhension de l’économie et une peur de perdre le contrôle.

C’est au contraire, maintenant qu’il faut se rapprocher des acteurs économiques nationaux et internationaux et établir des plans de route raisonnables. Mon conseil est surtout de faire appel à la connaissance et de commencer à construire véritablement, sans crainte, parce que l’Algérie a la possibilité de faire beaucoup mieux, même en cette période difficile.

La difficulté principale est que la population n’a aucune confiance dans l’Etat. Il faut donc faire des choses qui permettent de redonner à l’Etat sa stature et son influence. Cela passe par une moralité sans faille, un changement radical de la classe politique, notamment un rajeunissement de tout l’appareil de direction.

Celui qui veut gagner de l’argent doit aller vers le privé et l’entrepreneuriat. Celui qui va vers l’Etat et ses institutions doit être motivé uniquement par le désir de servir les autres. Cela peut paraître naïf ou prétentieux, mais la sauvegarde de la nation est à ce prix.

La présidence de la République a une responsabilité historique en ces temps difficiles. Si elle continue à jouer un jeu politique centré uniquement sur le maintien du pouvoir actuel, elle va faire beaucoup de mal aux citoyens de ce beau pays et perdra le pouvoir.

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Le mystère reste entier

C’est le black-out total sur l’affaire de la fuite des sujets du baccalauréat de la session de 2016. Alors que la communauté éducative vit dans l’angoisse de la répétition du scénario de la fuite, cette année encore, les commanditaires du scandale du bac de l’année dernière ne sont toujours pas connus.
L’enquête des services de sécurité, après l’annonce officielle de la fraude, s’est soldée par l’arrestation de trois hauts cadres de l’Office national des examens et concours (ONEC) dont le directeur pour «divulgation de secret d’Etat» et «atteinte à l’ordre public». Après plusieurs mois de détention, faut-il le souligner, la justice a prononcé, fin 2016, la relaxe au profit du directeur et des inspecteurs de l’Onec. Qui sont donc les véritables commanditaires ? Une année après les faits, les Algériens ignorent encore ces détails de très grande importance. Les commanditaires ont-ils été identifiés, y a-t-il des informations non communiquées ? L’enquête est-elle toujours en cours, ou est-elle classée ?

La direction de la Gendarmerie nationale ayant conduit l’enquête se contente de nous répondre qu’«il n’y a pas de nouvelles à informations à vous communiquer», tandis que le ministère de la Justice refuse carrément de répondre aux sollicitations du journal. Pourtant, aux yeux des enseignants, seules les conclusions de l’enquête permettront d’identifier la faille ayant facilité la fuite des sujets, malgré les moyens humains et techniques déployés pour maîtriser le processus de l’examen, de la conception des sujets jusqu’à leur distribution au niveau des salles. Si au moment des faits, la ministre de l’Education nationale était persuadée que son secteur était la cible d’un «complot qui vise tout l’Etat» avec l’atteinte à la crédibilité de l’examen, aujourd’hui, le ministère ne donne aucun détail sur la partie le ciblant.

Ceci, bien qu’au niveau des enseignants, «des soupçons d’implication de hauts responsables du secteur ne seraient pas à écarter», selon des syndicalistes qui craignent la répétition de l’épisode de la fuite des sujets, «uniquement pour déstabiliser la démarche de Nouria Benghabrit dans son projet de réforme de l’école». La ministre de l’Education nationale a exprimé il y a quelques jours, à partir de Béchar, des inquiétudes, quant à l’utilisation, encore une fois, des réseaux sociaux à des fins de fraude, d’autant plus que malgré les mesures draconiennes déployées, les sujets des épreuves de l’examen de 5e, tenues le 24 mai, ont fuité quelques minutes seulement après leur distribution dans les salles d’examen.

Pour rappel, durant les épreuves de l’examen du bac de l’année dernière, la fuite des sujets ayant contraint les pouvoirs publics à l’organisation d’une deuxième session, a touché plusieurs matières et filières. Rappelons également que les questions ont fuité et circulé sur les réseaux sociaux plusieurs heures avant les épreuves, malgré les mesures de blocage des réseaux sociaux et de la 3G.

 

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L’équation budgétaire se complique

Le gouvernement dispose désormais de peu de cordes à son arc pour mener ses politiques budgétaires. Les arbitrages en la matière seront pour le moins complexes et très délicats.
Les économistes les plus avertis ont prévenu que la budgétisation des prochains exercices serait un phénomène complexe à mettre en équation. Face à un tableau de bord qui donne l’alerte : baisse des réserves de change et de l’épargne interne, déficits budgétaires abyssaux, baisse des revenus et des recettes fiscales pétrolières,… le nouvel Exécutif va devoir faire face à des arbitrages tous aussi difficiles les uns que les autres.

Ceux d’il y a une année ont donné lieu à une trajectoire austère dans la politique budgétaire du pays. Dans un format similaire à celui de l’année en cours, la loi budgétaire du prochain exercice devrait faire monter d’un cran le degré d’austérité, tant il est vrai que les fondamentaux de l’économie n’ont pas bougé d’un iota. Sur les tendances budgétaires attendues du prochain exercice, le vice-président du Conseil national économique et social (CNES), Mustapha Mekideche, a indiqué hier dans les studios de la radio algérienne que le gouvernement devrait opter pour de nouveaux «arbitrages budgétaires», afin de permettre au pays de disposer des ressources nécessaires à son développement et de mieux contenir les importations.

Cependant, la position inconfortable des finances publiques devrait imposer de nouvelles règles du jeu en matière de codification budgétaire. Mustapha Mekideche s’attend à ce que l’Exécutif soit devant nombre de dilemmes : entre la baisse du budget de fonctionnement et celui de l’équipement, le choix est cornélien. Les deux appellent des mesures de rupture qui pourraient aggraver le coût social de la crise.

Contacté par El Watan, Mustapha Mekideche rappelle à juste titre que certaines mesures contenues dans la loi de finances 2017 ont été à la source de la situation dans laquelle se débat le secteur du BTPH, voire de l’ajournement de certains projets d’infrastructures. Le vice-président du CNES fait allusion à la  coupe de 28% dans le budget d’équipement de l’actuel exercice.

C’est désormais au nouveau gouvernement de fixer une nouvelle orientation. Tout porte à croire qu’il n’y aurait pas une révolution en matière d’allocation budgétaire pour l’année prochaine, étant donné qu’un plafond de dépenses a été fixé par la politique budgétaire 2017-2019 qui, faut-il le rappeler, vise un seuil de dépenses globales n’excédant pas les 7000 milliards de dollars.

La réforme des subventions, le gros chantier

Une révision à la hausse des budgets devrait aussi s’accompagner nécessairement d’une hausse des recettes. Autrement, le déficit se creusera davantage alors qu’il avait atteint en 2015 et 2016 des seuils pour le moins problématiques. Les prévisions d’évolution des revenus et des recettes de la fiscalité pétrolière sur la période 2017-2019 ne font que complexifier davantage l’équation budgétaire.

Avec des revenus annuels de 40 milliards de dollars en moyenne sur les trois prochaines années (sur la base d’un baril de pétrole de 55 à 60 dollars) et des recettes de 3000 milliards de dinars en moyenne de la fiscalité pétrolière, le gouvernement ne dispose plus d’aucune marge de manœuvre. Sur d’autres sujets, tel que le financement de l’économie, le gouvernement risque de perdre la main au profit des marchés. Le financement budgétaire a montré ses limites et l’Exécutif doit trouver des sources alternatives de financement.

Ce serait l’autre arbitrage auquel est confronté le gouvernement Tebboune, selon Mustapha Mekideche. Il n’y aura assurément pas mille réponses à cette question. Il s’agit à la fois de relancer la mobilisation de l’épargne interne et faire appel au marché de la dette, sous forme de crédits concessionnels auprès des partenaires, tels que le Japon, la Chine et l’Union européenne.

La loi de finances 2018 devrait fixer le cap en matière d’endettement. Dans quelques semaines, on en saura un peu plus également sur le projet de réforme des subventions. Certaines mesures de cette refonte pourrait également figurer dans le projet de la loi de finances 2018, à en croire le vice-président du CNES, étant donné que le ministre des Finances semble faire du chemin sur ce dossier. Sur cette question également, un arbitrage politique entre les ampleurs du chômage et de l’inflation devra être fait par le gouvernement. Ne pas baisser les subventions implique plus de chômage ; baisser les subventions implique de l’inflation.

Le choix est tout aussi cornélien que les précédents. C’est dire toute la difficulté de l’équation budgétaire à laquelle fait face le gouvernement Tebboune, appelé à rendre une copie un peu plus présentable que son prédécesseur. Le pays entre désormais dans la quatrième année de crise.

Alors que Abdelmadjid Tebboune accède à peine à ses fonctions, le tableau de bord financier et économique ne joue nullement en sa faveur. Il fait face au tarissement des ressources, à un marché pétrolier capricieux, à tout un défi de surmonter la crise tout en transformant l’économie de fond en comble.

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