Archive for décembre, 2014


Impasse politique en Algérie : L’Union européenne préoccupée

Le statu quo politique et les nuages qui s’accumulent dans le ciel Algérie en matière économique inspirent de grandes inquiétudes à l’Union européenne, premier partenaire du pays.
Bruxelles
De notre envoyé spécial

L’Algérie continue à troubler ses partenaires européens et à passer pour le cancre des processus de coopération politique et économique. Notre pays, «exportateur de stabilité» selon la formule infatuée de nos dirigeants, renvoie surtout l’image d’un Etat figé, ne sachant pas où il va et ce qu’il veut à un moment où les enjeux géopolitiques sont à l’aigu.
Des sources auprès des structures du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) – un peu le gros ministère des affaires étrangères de l’UE – avouent aujourd’hui qu’on perd son latin à tenter de subodorer les intentions des autorités algériennes en matière de caps économiques et de choix politiques.

Le discours reste diplomatique mais, poussés à la confidence, les mêmes sources confessent que l’avenir du pays fait peur à ces voisins du Nord, sérieusement échaudés par le désastre libyen et, plus loin, par les spasmes sans fin de la désespérante Egypte.
Les députés européens, rencontrés à l’occasion d’une visite aux institutions de l’Union européenne organisée au profit des médias algériens, ne cachent pas leur inquiétude. Ceux notamment que leurs charges, au niveau des Délégations, amènent à s’intéresser au Maghreb s’ahurissent carrément du fait que l’absence d’alternative politique n’inquiète pas plus que cela en Algérie. De la précarité du cadre juridique régissant le champ d’action de la société civile (loi vue et revue sur les associations) à la fermeture du dialogue avec la classe politique, les autorités algériennes, pense-t-on, ont dangereusement dévitalisé les relais para-institutionnels qui structureraient au besoin une transition politique sans grand dommage. La crainte mi-dite mi-tue est de voir l’Etat s’effondrer et le chaos s’installer à des brasses de l’Europe.

«Qui gouverne en Algérie ?»

La visite au complexe politico-diplomatique de l’UE à Bruxelles a été certes précédée d’«événements» qui rebraquent les projecteurs sur notre pays : séjour médical grenoblois du président Bouteflika et chute retentissante des prix du pétrole notamment. L’angoisse dépasse désormais l’agacement vécu à lancer et relancer des dispositifs de coopération, à les voir pris dans les rets bureaucratiques ou reconfigurés selon les atermoiements doctrinaux de nos dirigeants. Qui succédera à Bouteflika et dans quelles conditions ? Quels sont les mécanismes et les centres de prise de décision ? Pour combien de temps la paix sociale fragile comptera encore sur les caisses du Trésor ?… En un mot, le partenaire européen couve une peur bleue de l’avenir immédiat du pays et s’effraie à l’idée de voir ses intérêts et sa sécurité menacés par un contexte d’instabilité aux conséquences imprévisibles en Algérie. Ces angoisses sont dûment portées aux oreilles des responsables algériens, dans les salons insonorisés des visites officielles, nous assure-t-on.

Mais il semblerait que cet orgueil, qui se veut tout algérien, est tiré comme un joker pour couper court aux explications. Le froncement de sourcils, côté algérien, serait même activé lorsque ce sont les Algériens eux-mêmes qui ont à peu près conçu les termes de la démarche. Les discussions engagées en novembre dernier par la délégation de l’UE, conduite par Bernard Savage, avec la classe politique et la société civile, et qui a soulevé la colère de Saadani et de son FLN, non seulement étaient prévues dans l’Accord d’association, mais les dates des rencontres avaient été arrêtées par la partie algérienne. L’on regrette que la coïncidence fâcheuse (avec l’hospitalisation de Bouteflika à Grenoble) ait pu donner matière à interprétation, mais l’on jure par tous ses dieux, dans le temple du Parlement européen, que ce n’était qu’une coïncidence.

L’épisode est symptomatique du potentiel tension dès qu’il s’agit de questionner le politique en Algérie, où tout se passe comme si une coopération économique pouvait se concevoir sans les paramétrages politiques. Et pour la coopération économique justement, les écueils seraient légion et les radars du partenaire européen brouillés par les approximations ou les accès d’orgueil (encore lui) côté algérien.

Bazar économique

Des aspects en dormance de l’Accord d’association, entré en vigueur en 2005, sont certes réactivés depuis peu, mais la posture lunatique des Algériens brouille les cartes, se plaint-on encore. L’on avouera en vrac que l’on ne sait pas trop ce qui est concrètement advenu de la fameuse règle des 49/51% ; ne pas comprendre que des sommes faramineuses soient allouées pour le développement du secteur agricole sans le nécessaire assainissement du marché dans lequel débouche le produit de la filière, que l’informel soit à ce point invasif et mine en profondeur toute démarche de relance économique…

S’il est bien évident que l’on défend plutôt ses intérêts du côté européen et que l’on s’est donné les moyens de la position hégémonique, l’Algérie n’a que ses arguments en hydrocarbures à faire valoir pour vendre son statut de partenaire, quitte brouillant et indiscipliné. Un grand marché aussi. Un peu trop grand d’ailleurs et débridé au point où ses 30 000 importateurs, brassant gros dans la cagnotte ahurissante de plus 60 milliards de dollars d’importations annuelles, ont ouvert des couloirs exempts de tout contrôle avec la Chine notamment.

En somme, on n’est pas loin de l’alerte, de l’autre côté de la Méditerranée. Les fastidieux réglages des points d’accord, de l’évaluation des seuils d’exécution des programmes et autres hiatus techniques qui caractérisent le partenariat entre les deux parties semblent passer désormais en souci accessoire face à l’inquiétude qu’inspire notre pays.

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Sellal rassure ses partenaires français

C’est cet esprit de partenariat gagnant-gagnant pour les deux parties que nous encourageons», a-t-il réitéré. «L’Algérie et la France sont à une période charnière de leur relation d’exception qui ne cesse de s’amplifier qualitativement, comme l’attestent les résultats de la deuxième session du Comité intergouvernemental de haut niveau», a-t-il déclaré devant les grands patrons français, en présence de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères.
Dans son discours d’hier, le Premier ministre a réaffirmé que «la croissance économique de l’Algérie a enregistré, durant les quatre dernières années, une moyennes de 4% et nous ambitionnons de la porter à 7% ». Pour y parvenir, l’Algérie, par la voix de Sellal, sollicite les investissements directs français.

«Nous savons que la réforme du système bancaire et financier est une priorité absolue pour promouvoir notamment la modernisation du système de paiement. Mais nous avons en Algérie des banque françaises d’envergure mondiale qui apportent une valeur ajoutée indéniable à cette modernisation», a-t-il rassuré.

«Bouteflika dirige le pays !»

Rassurer était apparemment une obsession chez Sellal. Toujours dans ce sens, il a même évoqué l’état de santé du président Abdelaziz Bouteflika, selon lui, initiateur et garant de ce partenariat d’exception avec la France. «Son état de santé est correct. Comme vous le savez, il a effectué récemment une visite en France pour un contrôle médical normal. Je peux vous affirmer qu’il dirige le pays et que toutes les institutions de l’Etat algérien fonctionnent normalement», a-t-il répondu aux journalistes, lors du point de presse commun organisé avant-hier à Matignon avec son homologue français, Manuel Valls, après la cérémonie de signature d’une dizaine de protocoles d’accords entre l’Algérie et la France.

«J’ai insisté auprès du président François Hollande pour qu’il organise une visite à Alger afin de discuter avec le président Bouteflika sur l’avancement de notre partenariat et se rassurer par lui-même sur son état de santé», a ajouté M. Sellal. Ce dernier avait rencontré le président français, tôt jeudi matin, au palais de l’Elysée, où ils ont discuté sur des dossiers de partenariat économique mais aussi de la coopération antiterroriste. «Nous avons eu un long dialogue d’une heure et demie, bon et franc», explique-t-il.

Sur la situation au Sahel qui préoccupe les deux pays, M. Sellal se réjouit de la reconnaissance française du rôle algérien «important et majeur dans la médiation pour résoudre les conflits au Mali et en Libye». Manuel Valls avait, en effet, déclaré que la France partage avec l’Algérie «le même point de vue œuvrant pour le dialogue et la stabilité au Mali et en Libye».

Notre Premier ministre a été également interpellé par les journalistes sur l’affaire des moines de Tibhirine, surtout que les familles des religieux assassinés ont adressé, à l’occasion de cette visite, une lettre au président français lui demandant de faire pression sur Alger. «Le juge algérien a formulé une invitation aux experts français pour assister aux analyses des échantillons récupérés en présence du juge Trévidic et de sa délégation », a répondu M. Sellal. Dans ce même cadre justice-terrorisme, Abdelmalek Sellal a réaffirmé à la France et à la famille Gourdel que «l’assassinat abominable de feu Hervé Gourdel ne restera pas impuni.

L’armée algérienne est décidée d’aller jusqu’au bout de cette affaire. Il n’y aura jamais de concession face au terrorisme. Notre armée va continuer à chercher le corps de Gourdel et à traquer les 21 terroristes impliqués dans cet assassinat. Un 22e terroriste a déjà été éliminé». De son côté, Manuel Valls rassure que «tout en laissant la justice faire son travail dans les deux pays, mon conseiller juridique veille au bon déroulement de ces affaires judicaires».

Par contre, il n’y avait aucun moyen d’évoquer l’autre affaire, le non-lieu prononcé par la justice française dans le dossier de l’assassinat de Ali Mecili ! Le Premier ministre français a indiqué que «plusieurs problèmes entre les deux pays ont été réglés, comme l’ouverture des archives, les dus algériens pour la sécurité sociale française (conflit CNAS-hôpitaux français, ndlr), etc.». «La relation entre nos deux pays, depuis deux ans, se base sur un vrai dialogue et un sentiment de confiance», insiste le locataire de Matignon.

Les deux gouvernements, algérien et français, reconnaissent qu’il reste encore beaucoup à faire pour améliorer la coopération économique. En tout, plus de 70 accords de coopération devront lier l’Algérie à la France. Certains sont déjà signés et d’autres attendent les dernières retouches avant validation.

 

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Djanet : Colère contre le livre de Meriem Bouzid Sababou

Le livre de Meriem Bouzid Sababou, anthropologue au niveau du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) d’Alger, intitulé  »Tèn kel S’beiba, fi mà’na sha’ïrat Achoura bi-wahat Djanet » édition CNRPAH 2013, a ébranlé la population de la commune de Djanet qui a l’habitude de recevoir la chercheuse à bras ouvert depuis une quinzaine d’années.
 

Dans une lettre adressée au Premier ministre, dont des copies ont été adressées au Ministre de la Culture, au wali ainsi qu’aux différentes instances hiérarchiques civiles et sécuritaires de la wilaya, les notables et les jeunes ainsi que le  mouvement associatif du Ksar El-Mihan dans la commune de Djanet ont solliciter le Premier ministre pour que le livre, jugé diffamatoire, soit retiré du marché.

« Nous n’acceptons jamais et quelque soit le prétexte, qu’un tel livre diffamatoire, qui accuse nos femme d’avoir exercé la prostitution avec les soldats français durant la période coloniale, soit publié par un organisme placé sous la tutelle du Ministère de la culture,.. »  lit-on dans le communiqué.

Les rédacteurs du communiqué exigent, aussi, des excuses publiques de l’auteure à la population de Djanet. Affaire à suivre

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Au lendemain des émeutes sanglantes de touggourt : La population dénonce une bavure policière

Ici sont tombés Malki Noureddine et Toumi Meftah. Le premier, atteint d’un projectile ferreux aux côtes, aurait eu 20 ans le 5 décembre ; le second a reçu une balle dans le dos et avait à peine 24 ans. A proximité de la fameuse station de déminéralisation d’eau – celle qui donne de l’eau douce à Touggourt et en prive les riverains naïlis – habite la famille Toumi.
Dimanche matin, des Ouled Naïl en qachabia nous reçoivent au seuil du domicile familial où se préparent les funérailles, prévues dans l’après-midi. «Des proches de M’sila, de Djelfa et de Ghardaïa se sont joints à nous, de nombreux voisins partagent aussi notre douleur», nous dit le père de famille, très affecté par la mort tragique d’un fils parti trop tôt. Membre actif du mouvement de protestation, Meftah avait adhéré à une démarche visant à lever une stigmatisation des populations nomades dont les familles restent pourtant sur place même en période de transhumance.

Meftah et ses amis voulaient faire pression sur le wali de Ouargla, interpellé personnellement après maints recours. «Il faut que vous sachiez que c’était un rassemblement pacifique. Les policiers ont attaqué nos enfants à 3h. Des Patrol et des fourgons de police ont débarqué en trombe, des agents en furie ont démonté puis déchiré notre kheïma avant d’arrêter les 14 personnes qui s’y trouvaient.» Le motif, selon eux : une phrase du wali de Ouargla qui aurait promis de venir voir les protestataires avec le ministre des Ressources en eau dont la visite était prévue le 30 novembre et qui a été reportée en raison des événements tragiques qui ont secoué la ville. Le wali aurait exigé que la guitoune soit enlevée.

Expédition punitive

Les témoignages se succèdent. Provocation, recours excessif à la force, insultes insoutenables, humiliations, tirs intempestifs, tels sont les thèmes des conversations que nous avons eues avec des citoyens endeuillés, qui n’en reviennent pas des événements de l’avant-veille. Le patron de la Thé Kheïma, située aux abords de la RN3, en face de Draâ El Baroud, témoigne de la violence inouïe des policiers lors de l’expédition punitive, jeudi au milieu de la nuit : «Un comportement indigne des policiers algériens. Ils voulaient rabaisser des gens qui ont eu le tort de revendiquer leur droit à la dignité et la présence du premier responsable de la wilaya.» Les manifestants pacifiques avaient «promis de ne pas faire de dégâts, ils ont tenu parole», témoigne un jeune du quartier qui évoque des promesses de Sellal à propos de la disponibilité de l’eau potable à Touggourt.

Des engagements de campagne électorale qui tardent à être honorés et qui auront coûté la vie à deux jeunes du quartier. Un autre évoque «une attitude digne de la police de Tel-Aviv. Un jeune a vu sa moto bousillée par un policier parce qu’elle se trouvait sur son chemin. Un autre agent a demandé de faire taire un chien qui aboyait, menaçant de lui mettre une balle dans la tête». Au summum de l’intervention policière, les Ouled Naïl leur criaient de ne pas toucher à la kheïma : «Elle est notre fierté, elle a abrité des moudjahidine pendant la guerre.»

Puis, une demi-heure plus tard, alors que leurs enfants étaient dans les geôles de la police, le reste de la tribu est venu en renfort, avec une autre kheïma qu’ils ont installée au milieu de la chaussée, en signe de détermination.  «Les patriarches de Djelfa nous ont demandé de ne pas céder à la provocation», raconte le père Toumi. «Quand ils sont venus leur demander de relâcher leurs camarades, les jeunes ont été reçus avec des promesses, atermoyées jusqu’au lendemain. Vendredi à la tombée du jour, les policiers sont carrément sortis de leurs gonds. De tirs en l’air en tirs nourris, nos enfants ont été pourchassés.»

Le quartier empeste le gaz lacrymogène. Les habitants de la cité adjacente racontent qu’ils ont été sommés de fermer leurs volets, au risque de se faire tirer dessus. Un jeune affirme détenir des vidéos compromettantes pour la police… «On ne les a jamais vus aussi violents, toutes les manifestations passées ont été tolérées, pourquoi pas celle-ci ?» s’interroge Mohamed, le frère de Noureddine Malki. «Mon frère n’avait aucune relation avec les jeunes de Draâ El Baroud, c’était un passant qui avait cédé à la curiosité. Vers 17h30, il a été chargé de faire des courses, ma sœur lui avait demandé d’éviter l’axe du commissariat…»

En rentrant vers 18h, la sœur aînée était inquiète : un coup de fil d’une personne demandait à la famille d’aller récupérer le portable, la veste et les chaussures de Noureddine près du stade. Ce qui fut fait par le grand frère, qui s’est rendu au centre-ville où des blessés étaient signalés. «Des dizaines de personnes venaient s’enquérir de leurs enfants. Des jeunes m’ont informé que mon frère avait été ramassé dans la rue et qu’il était à l’hôpital. Impossible d’entrer, son nom ne figurait pas au service de renseignements, l’infirmier qui m’a reconnu a fini par dire à mon ami que mon frère était décédé.»

Avec courage et dignité, les familles ont accepté de voir le ministre de l’Intérieur, mais restent choquées par cette attitude blessante devant les médias : une aide de 600 000 DA, remise en espèces, qui reste sur le buffet de cuisine. Pour eux, seul l’espoir d’une explication sur le pourquoi et le comment de ces morts les maintient debout. «Le procureur de la République près le tribunal de Touggourt a promis que l’enquête, qui va prendre beaucoup de temps, répondra à toutes nos questions et élucidera les circonstances de la mort de mon frère», répète Mohamed.

Une nouvelle bavure policière

Comment la police a-t-elle pu sous-estimer à ce point la réaction de jeunes protestataires – leur moyenne d’âge est de 25 ans — à une descente aussi répressive qu’humiliante ? La veille, ils avaient arrêté 14 jeunes du quartier Draâ El Baroud, déchiré leur kheïma traditionnelle, la fierté des gens de la steppe, et fait patienter pendant plus de 15 heures une foule impatiente qui ne s’expliquait pas pourquoi des gens étaient arrêtés de la sorte et gardés en cellule sans autre forme de procès.

L’embrasement était inévitable et proportionnel à la violence de la réaction des policiers aux jets de pierres et de cocktails Molotov sur le mur du commissariat, qui n’en garde pas de trace. Des témoignages concordants affirment que les policiers ont usé de beaucoup de violence «les gaz lacrymogènes à profusion, les fusils à pompe ont été utilisés par plusieurs policiers, des voisins ont ramassé des balles réelles. Pas des balles en caoutchouc comme ils le prétendent, mais de vraies balles qui ont transpercé les poumons de Noureddine et traversé la vertèbre de Meftah pour se nicher dans ses entrailles».

C’est là tout le malaise de ceux qui vivent dans ces quartiers périphériques, où les conditions minimales d’une vie décente sont absentes. La rupture semble consommée entre les jeunes de Nezla et des policiers pourtant issus de la même ville, qui connaissent les problèmes de la cité mais ont attisé les tensions par leur comportement violent, disproportionné avec le rassemblement pacifique qui se tenait à Draâ El Baroud depuis une dizaine de jours.

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